Après Libreville, le renforcement de l’offre électrique gabonaise gagne les provinces. Deux nouvelles centrales destinées à Port-Gentil et Lambaréné sont arrivées dans la capitale avant leur acheminement vers leurs sites respectifs, a annoncé le gouvernement le 4 septembre 2026. À Port-Gentil, les opérations de transfert ont débuté le même jour, avec une installation et une finalisation prévues d’ici décembre. Lambaréné devra patienter jusqu’en mars 2027. Deux échéances qui placent désormais ces villes au centre de la stratégie gouvernementale visant à augmenter les capacités de production électrique du pays.
Le choix des deux villes n’est pas anodin. Port-Gentil demeure le principal centre pétrolier et l’un des grands pôles industriels du Gabon, où la disponibilité de l’électricité constitue un paramètre directement lié au fonctionnement des entreprises et des services. Lambaréné occupe, de son côté, une position stratégique au centre du pays et concentre une partie des activités économiques et administratives du Moyen-Ogooué. Dans les deux cas, l’objectif affiché est de rapprocher les capacités de production des besoins locaux, plutôt que de faire reposer l’amélioration de l’approvisionnement uniquement sur les infrastructures desservant Libreville.
L’annonce laisse toutefois plusieurs éléments économiques et techniques en suspens. Le gouvernement n’a précisé, dans sa communication du 4 septembre, ni la puissance en mégawatts des deux centrales, ni leur coût, ni leur technologie ou leur mode de financement. Des données pourtant déterminantes pour apprécier leur contribution réelle au système électrique. Leur arrivée constitue donc une augmentation annoncée des moyens de production, mais il faudra connaître leurs caractéristiques pour mesurer l’ampleur du supplément d’électricité qui pourra effectivement être fourni à Port-Gentil et Lambaréné.
Cette offensive intervient alors que la disponibilité de l’énergie devient un enjeu de plus en plus directement lié aux ambitions économiques du Gabon. Industrie, transformation locale des matières premières, nouveaux logements, services publics ou développement des PME nécessitent une alimentation électrique plus régulière. En renforçant les capacités hors de Libreville, les autorités cherchent ainsi à accompagner la croissance des pôles économiques provinciaux et à réduire l’un des obstacles susceptibles de peser sur les investissements et l’activité.
Les prochains mois permettront surtout de mesurer le passage des équipements livrés aux mégawatts effectivement disponibles. Port-Gentil constitue le premier rendez-vous, avec une finalisation annoncée pour décembre 2026, avant Lambaréné en mars 2027. Au-delà de ces deux centrales, l’enjeu pour Libreville sera de transformer la multiplication des investissements énergétiques en capacités durablement disponibles, avec des réseaux capables d’acheminer l’électricité produite et un service suffisamment fiable pour accompagner les ambitions industrielles du pays.













