Gabon : près d’un milliard de fcfa d’intérêts de dette toutes les 17 heures payés par l’État en 2025

Les charges financières de la dette ont coûté 504,4 milliards de fcfa à l’État gabonais en 2025. Rapporté à une année entière, ce montant représente environ 1,38 milliard de fcfa par jour, 57,6 millions par heure et près de 960 000 fcfa par minute. À ce rythme moyen, l’équivalent d’un milliard de fcfa était absorbé par les charges financières environ toutes les 17 heures et 20 minutes. Le chiffre porte sur le coût financier de la dette et non sur le remboursement du capital emprunté. 

Le montant est surtout supérieur à ce que l’État avait initialement prévu. La prévision était de 349,5 milliards de fcfa, mais l’exécution a finalement atteint 504,4 milliards, soit 154,9 milliards supplémentaires et un taux d’exécution de 144,3 %. Le projet de loi de règlement mentionne d’ailleurs l’ouverture de 154,9 milliards de fcfa de crédits complémentaires au titre des charges financières de la dette. En moyenne, le dépassement représente à lui seul environ 424 millions de fcfa par jour sur l’ensemble de l’année. 

La comparaison avec l’investissement donne une autre mesure de ce poids. L’État a exécuté 435,2 milliards de fcfa de dépenses d’investissement en 2025, contre 504,4 milliards de fcfa de charges financières de la dette. Le coût financier a donc dépassé l’investissement exécuté de 69,2 milliards de fcfa, soit environ 16 %. En moyenne, l’État a consacré environ 960 000 fcfa par minute aux charges financières contre environ 828 000 fcfa par minute à l’investissement. Là encore, les deux catégories répondent à des obligations différentes, mais leur comparaison permet de rendre leur taille respective immédiatement compréhensible. 

Pour les Gabonais, ces 504,4 milliards de fcfa constituent une dépense particulière : ils rémunèrent le financement déjà contracté et ne correspondent pas directement à une nouvelle route, une nouvelle école ou un nouvel hôpital construit en 2025. Le paiement de ces charges reste néanmoins nécessaire pour honorer les engagements financiers de l’État. Plus leur poids augmente, plus elles occupent une partie des ressources budgétaires qui doivent simultanément financer les salaires, le fonctionnement des administrations, les transferts et l’investissement.

Le chiffre est enfin à distinguer des remboursements du principal de la dette, enregistrés dans les opérations de trésorerie et de financement. Celles-ci ont atteint 3 335 milliards de fcfa en 2025, contre seulement 1 292,9 milliards de fcfa prévus, soit un taux d’exécution de 257,9 %. Elles comprennent notamment des amortissements de dette extérieure et bancaire. Ainsi, les 504,4 milliards de fcfa de charges financières ne représentent qu’une partie des flux liés à la dette : ils permettent de mesurer son coût budgétaire, mais pas l’ensemble des sommes mobilisées pour rembourser les emprunts arrivés à échéance. 

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