Hermann Nzoundou Bignoumba revient à un poste de responsabilité dans le secteur public. Le Conseil des ministres du 18 septembre 2026 l’a nommé directeur général adjoint de la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII). Cette nomination intervient près de sept ans après les événements de 2019 qui avaient conduit à son interpellation alors qu’il dirigeait la Caisse des dépôts et consignations (CDC). La décision du gouvernement marque ainsi le retour dans l’appareil public d’un ancien dirigeant dont le passage à la CDC avait été interrompu dans un contexte judiciaire particulièrement sensible.
À l’époque, Hermann Nzoundou Bignoumba occupait les fonctions d’administrateur-directeur général de la CDC, institution chargée notamment de recevoir, conserver et gérer des ressources réglementées et de financer des investissements de long terme. En novembre 2019, il avait été interpellé et entendu par les services compétents dans le contexte d’investigations concernant la gestion de l’institution. L’affaire avait notamment coïncidé avec la décision présidentielle d’annuler des opérations de transfert à titre gratuit de titres fonciers appartenant à l’État au profit de la CDC.
Cette séquence doit cependant être traitée avec une distinction essentielle : une interpellation ou une enquête ne constitue pas une condamnation. Les sources publiques consultées permettent d’établir son interpellation dans le cadre de l’affaire CDC, mais ne permettent pas, à ce stade, d’établir avec suffisamment de certitude une condamnation définitive pour détournement de fonds. Le Conseil des ministres du 18 septembre ne fournit par ailleurs aucune indication sur cette ancienne procédure ni sur son issue. Présenter aujourd’hui Hermann Nzoundou Bignoumba comme condamné pour détournement irait donc au-delà des éléments vérifiables disponibles.
Son retour s’effectue à la CNNII, autre entreprise publique confrontée à des enjeux financiers et opérationnels importants. La compagnie intervient dans le transport maritime et fluvial de personnes et de marchandises, notamment sur les voies intérieures gabonaises. La nomination de l’ancien patron de la CDC comme numéro deux de cette société intervient au moment où l’État cherche plus largement à restructurer plusieurs opérateurs publics de transport, comme le montre également la création de la nouvelle Compagnie nationale de transport issue du rapprochement de la Sogatra et de Trans’Urb.
La nomination pose donc moins la question d’un jugement sur une affaire vieille de sept ans que celle de la traçabilité des responsabilités publiques. Lorsque des dirigeants précédemment mis en cause dans des enquêtes reviennent à des fonctions de gestion, l’information déterminante pour le public devient l’issue exacte des procédures antérieures : classement, non-lieu, relaxe, condamnation ou procédure toujours pendante. Or cette information n’apparaît pas dans le communiqué annonçant la nomination d’Hermann Nzoundou Bignoumba. Son retour à la CNNII remet ainsi l’ancienne affaire CDC dans l’actualité et rend nécessaire une clarification documentaire de son dénouement judiciaire.













