Yves Fernand Manfoumbi revient dans la gouvernance d’une entreprise publique stratégique. Le Conseil des ministres du 18 septembre 2026 l’a nommé président du conseil d’administration de Gab’Oil, en remplacement de Rufin Moussavou. Il ne prend donc pas la direction opérationnelle de la société : son rôle sera celui du président de l’organe chargé notamment d’encadrer les grandes orientations et de contrôler l’action de la direction générale.
Cette nomination marque le retour aux affaires d’un responsable qui a occupé plusieurs positions importantes dans l’appareil économique gabonais. Yves Fernand Manfoumbi a notamment été directeur général du Budget, responsable du Bureau de coordination du Plan stratégique Gabon émergent et membre de plusieurs gouvernements, notamment à l’Agriculture et au Commerce. Son parcours l’a ainsi placé pendant plusieurs années au croisement de la préparation budgétaire, de la planification publique et de l’exécution des politiques économiques.
Son arrivée à Gab’Oil le replace cette fois dans le secteur pétrolier, dont le poids reste déterminant pour les finances publiques. Pour 2027, le gouvernement prévoit une production nationale de 11,3 millions de tonnes de pétrole, contre 10,8 millions en 2026, soit une progression attendue de 4,1 %. Les recettes pétrolières inscrites dans le projet de budget atteignent 1 013,2 milliards de fcfa, alors même que le prix budgétaire du baril gabonais est attendu en recul de 80 à 70 dollars.
Gab’Oil intervient toutefois en aval de cette production. Créée par l’État, la société participe notamment à la commercialisation et à la distribution de produits pétroliers. Sa gouvernance s’inscrit donc dans une problématique plus large : la capacité des entreprises publiques du secteur à transformer le poids pétrolier du Gabon en revenus durables pour l’État, tout en assurant l’approvisionnement du marché intérieur. À la différence d’un ministère, la présidence du conseil d’administration impose également de suivre les comptes, les investissements et les choix stratégiques de l’entreprise.
Le Conseil des ministres ne fixe pas publiquement d’objectifs financiers chiffrés à Yves Fernand Manfoumbi et ne fournit pas, dans le communiqué, les derniers comptes de Gab’Oil. Sa nomination ramène néanmoins un ancien directeur général du Budget au premier plan de la gouvernance économique publique. Après avoir participé à la gestion des finances et à la planification de l’État, il devra désormais présider le conseil d’une entreprise positionnée sur un secteur qui doit encore apporter plus de 1 000 milliards de fcfa de recettes publiques en 2027.













