Six mois après avoir officiellement sollicité un nouveau programme auprès du Fonds monétaire international, le Gabon n’est pas encore entré dans la phase de négociation du dispositif financier lui-même. Le 26 septembre, le FMI a annoncé que les échanges techniques sur les finances publiques, la dette et les perspectives économiques se poursuivraient « dans les semaines à venir » afin de préparer de futures discussions sur un programme. La demande formelle gabonaise avait pourtant été adressée au Fonds dès mars 2026, après une première mission de dix jours à Libreville.
Entre ces deux éléments, un préalable important a été rempli. À la demande des autorités, un audit de la dette et des passifs exigibles a été conduit à partir du 17 juin. Il a ramené le stock de référence de près de 11 700 milliards fcfa à 9 524,643 milliards, soit une réduction comptable de 2 175,357 milliards fcfa ou 18,6 %. Le nouveau montant représente 68,91 % d’un PIB nominal 2025 évalué à 13 822 milliards fcfa. Le rapport a ensuite été transmis au FMI pour alimenter les discussions.
Cette clarification n’a cependant pas immédiatement débouché sur l’ouverture des négociations du programme. Le FMI indique désormais vouloir poursuivre l’examen de « l’évolution budgétaire et de la dette publique » ainsi que des perspectives macroéconomiques. La formulation employée distingue donc clairement les discussions techniques actuelles des futures « discussions sur le programme ». L’audit constitue ainsi une base de travail, mais pas la dernière étape du processus.
Le calendrier devient d’autant plus important que Libreville prépare un budget 2027 de 6 223 milliards fcfa et prévoit de mobiliser 2 931,3 milliards fcfa de financements. Parmi eux figurent 1 144 milliards sur les marchés internationaux, 600 milliards sur le marché intérieur ou régional, 300 milliards auprès des banques, 600 milliards d’appuis budgétaires et 287,3 milliards de financements de projets. Les choix de financement du prochain exercice se dessinent donc alors que le cadre d’un éventuel programme avec le FMI reste en construction.
La question du calendrier dépasse ainsi la seule obtention d’un financement du Fonds. Un programme pourrait fournir au Gabon un cadre macroéconomique et budgétaire suivi par une institution internationale au moment où ses besoins de financement augmentent. Le Conseil des ministres du 18 septembre a d’ailleurs inscrit parmi les priorités de 2027 la conclusion et la mise en œuvre d’un programme de réformes économiques avec les partenaires techniques et financiers. Pour l’heure, le FMI parle encore de travaux destinés à « préparer le terrain ».













