mercredi, juillet 24, 2024
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    Rachat de la SNBG : le Parlement gabonais réclame un audit des activités de GSEZ

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    En décembre 2023, trois mois environ après le coup d’État militaire, le Parlement de la Transition du Gabon a mis en place une Commission d’enquête pour examiner la cession controversée de la Société nationale des bois du Gabon (SNBG) au groupe GSEZ de Gagan Gupta. Les conclusions sont accablantes : l’entreprise a été vendue pour un montant symbolique d’un million de fcfa (1.000.000 fcfa). Alors que ses actifs et passifs touchent des décennies de valeurs.

    Ce scandale prend sa source dans les dernières années de la présidence d’Ali Bongo, où des décisions opaques ont laissé place à des abus économiques. Le rapport indique que 100% des actions de la SNBG ont été transférées à GSEZ pour un montant dérisoire. Les passifs, estimés à 22 milliards 480 millions 432 mille 726 fcfa, incluent des dettes sociales et bancaires colossales, que GSEZ aurait dû reprendre, mais ne l’aurait fait que de manière partielle.

    Patrimoine bradé et sous-évalué

    Ainsi, à l’époque de la privatisation, la SNBG possédait un solide portefeuille d’actifs : un immeuble de cinq étages en centre-ville, un complexe industriel à Owendo, des permis forestiers, et divers biens mobiliers et immobiliers. La majeure partie de ce patrimoine a été mise en location par GSEZ, évitant ainsi toute valeur ajoutée directe à l’État ou aux travailleurs résilients de l’entreprise.

    Manquements légaux et administratifs

    Aussi, le rapport de la Commission d’enquête révèle d’importants dysfonctionnements tout au long du processus de privatisation. Il n’y a pas eu d’approbation du Conseil d’administration de la SNBG, absence d’appel d’offres public, une sous-évaluation flagrante de l’entreprise, et un défaut de publicité des actes de transfert de propriété. Le processus, qui aurait dû être transparent et règlementé, a été mené dans l’ombre des normes et sans la supervision nécessaire du Comité de privatisation.

    Recommandations parlementaires

    En outre, ces révélations ont poussé le Parlement à formuler des recommandations décisives :

    Suspendre le rachat par l’État des 40% de parts de la SNBG détenues par AVNR.

    Mener une enquête judiciaire pour faire la lumière sur la vente aux enchères des usines saisies.

    Acter l’inexistence juridique de la SNBG ZERP et réattribuer les permis forestiers à l’État.

    Annuler rétroactivement les avantages fiscaux accordés à la SNBG ZERP et réclamer les montants indûment privatisés.

    Commencer un audit des activités de GSEZ.

    LIRE AUSSI : Acquisition de la SNBG : le coup de génie de Gagan Gupta et Olam qui obtiennent plus de 300 000 hectares de permis forestiers au Gabon 

    La privatisation éclair de la SNBG reflète un sombre chapitre de la gouvernance gabonaise. Le Parlement et le gouvernement ont une tâche colossale devant eux pour rétablir la justice, récupérer les actifs perdus et assurer que des mesures plus strictes soient mises en place pour éviter de telles dérives à l’avenir.

    Ce scandale illustre la fragilité des systèmes de gouvernance en période de transition et le besoin crucial de transparence et de responsabilité dans la gestion des biens publics. La route vers la guérison du tissu économique et social du Gabon demeure longue et sinueuse.

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