Acquisition de la SNBG : le coup de génie de Gagan Gupta et Olam qui obtiennent plus de 300 000 hectares de permis forestiers au Gabon

LE COFFRET

Arrivé sur la pointe des pieds en 1999, le Singapourien Olam s’est depuis taillé la part du lion dans le secteur forestier, devenant en moins de 20 ans l’acteur majeur en matière de production et d’exportation. Raflant au passage le plus important couvert forestier exploitable grâce à une habile manœuvre passée quasiment inaperçue, l’entité dirigée par Gagan Gupta, qui en plus de bénéficier de généreuses exonérations fiscales, jouit désormais d’une multitude d’actifs allant du secteur portuaire au secteur aéroportuaire. Un monopole en devenir qui menace fortement notre tissu économique. 

En faisant l’acquisition il y a un peu plus de deux ans et pour une bouchée de pain, de l’ensemble « des actions du capital et des droits de vote de la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG) », Gabon Special Economic Zone (GSEZ), l’une des nombreuses filiales du Singapourien Olam, a mis la main de manière insidieuse sur une grande partie des permis forestiers exploitables du pays. Évalué à plus de 300 000 hectares, ce couvert forestier auquel s’ajoute une grande partie des 12 000 hectares de terres. Ces dernières qui lui ont été accordé quelques mois plus tard dans les zones de Souba, Moupia et Franceville situées dans la province du Haut-Ogooué, font désormais de l’exploitant, une incroyable machine à sous.

En effet, renforçant son hégémonie sur l’économie gabonaise grâce à son nouveau “prête-nom” qu’est la SNBG, coquille vide créée en 1976 sur les ruines de l’Office du Bois de l’Afrique Equatoriale Française (OBAEF), Olam, déjà très active dans l’exploitation agricole avec notamment l’huile de palme jadis considéré comme « le nouveau pétrole », est petit à petit en train de se tailler une véritable part de lion dans plusieurs secteurs d’activité. A travers une stratégie agressive qui lui a tour à tour permis de mettre la main sur les secteurs portuaires (New Owendo International Port), aéroportuaires (Gsez Airport) et routiers (Société Autoroutière du Gabon), l’entreprise dirigée par le très discret Gagan Gupta tient plus que jamais les rênes de l’économie gabonaise. 

Bénéficiant de généreuses exonérations fiscales qui lui ont grandement permis de booster un chiffre d’affaires évalué à plus de 240 millions de dollars, l’entreprise qui à travers l’acquisition de la SNBG, bénéficie désormais du monopole exclusif de l’Etat sur la commercialisation de l’Okoumé et l’Ozigo, deux essences très appréciées à l’international, se place désormais au coeur de l’activité économique. Une situation loin d’être vertueuse, et qui en plus de multiplier les conflits d’intérêts, bafoue les règles de concurrence censées garantir la transparence de l’économie et donc son développement. 

Si elle peut se targuer d’avoir créé plusieurs milliers d’emplois (dont de nombreux précaires) et pour certains insécuritaires, l’entreprise qui siège désormais à la table de décision comme ont pu le faire avant elle, Elf puis Total dans le secteur pétrolier, constitue néanmoins et de plus en plus, un risque majeur pour l’environnement. Risque matérialisée par l’aggravation du conflit homme-faune et la déforestation accrue.

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Mba
Mba
4 mois il y a

Tu arrive au gabon sans un sous il n’y a pas si longtemps.

kevin
kevin
4 mois il y a

Gabonais/Gabonaises! Ne sommes nous pas assez avertis sur l’importance de la souveraineté économique de notre pays, et les risques de déstabilisation sociale que peuvent entraîner un monopole étranger dans les secteurs piliers du développement national?
Jusqu’à quand nos dirigeants et haut cadres de la république ( en bois de chauffage « pour reprendre pierre akendengue dans l’une de ses chansons) nous miroiteront l’illusion de la liberté sur notre propre Terre?.
Il ne suffit plus d’indexer le Mal pour prétendre faire reculer la cécité de notre conscience.Décidons ensembles de laisser un Gabon digne et fière à la génération futur.

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