UDB : un an d’existence, et la nécessité de faire mieux que le PDG

Parti fondé par Brice Clotaire Oligui Nguéma, président de la République et chef du gouvernement, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) célèbre ce 5 juillet sa première année d’existence. Un anniversaire marqué par plusieurs initiatives militantes et une volonté de renforcer ses rangs. Une ambition classique dira-t-on, pour un parti appelé à rompre avec la manière dont le précédent parti au pouvoir accompagnait le chef de l’État dans l’exercice de la gouvernance.

De fait, avec une UDB largement majoritaire au Parlement (103 députés sur 145 sièges, 47 sénateurs sur 70) et un gouvernement acquis à ses couleurs, la comparaison est facile avec le Parti démocratique gabonais (PDG), qui a tour à tour accompagné les présidents Omar puis Ali Bongo Ondimba, pour le résultat que l’on connaît : un pays riche mais sous-développé, pour un peuple resté pauvre après un demi-siècle de pouvoir. Une machine électorale implantée jusque dans les moindres recoins du Gabon, forte d’hommes et de femmes intrinsèquement brillants, dotée d’un plan de gouvernance clairement défini, mais qui n’a pas su rester le véhicule politique qu’elle aurait dû être pour aider à  la réalisation des projets de société.

Au lieu de cela,  le PDG est plutôt devenu une machine à happer les élites vers des schémas politico-administratifs peu productifs pour le pays. Mieux, un parti puissant pour instrumentaliser femmes et jeunes lors des célébrations militantes, mais bien plus timide lorsqu’il s’agit de les investir comme candidats ou de leur ouvrir les cercles de décision.

Ce sont, entre autres, ces travers que l’UDB et sa hiérarchie devront s’efforcer d’éviter. D’autant que, pour les observateurs les plus pessimistes, certains signes de l’ancien parti au pouvoir se lisent dans les débuts du nouveau. Il ne s’agit pas seulement des hommes, dont une bonne partie a effectivement quitté le PDG pour l’UDB. Il s’agit surtout de politique politicienne, et d’un déficit de propositions face aux difficultés de la gouvernance. D’où l’accueil unanimement favorable réservé à la récente sortie de l’UDB sur les avaries de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG).

Il faut rappeler, à cet égard, que sous d’autres cieux, les partis politiques — y compris ceux qui ne sont pas au pouvoir — s’organisent comme de véritables gouvernements en attente : ils structurent le débat public, formulent des propositions et forment leurs élites à la gestion des affaires étatiques. Le tout, adossé à un financement transparent  et une démocratie interne qui sélectionne les compétences, pas seulement les loyautés. 

Si l’UDB n’est pas encore à porter les griefs évoqués plus haut, son premier anniversaire offre l’occasion de les lui rappeler, afin qu’elle évite ces écueils et ne devienne pas, à terme, un PDG bis.

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