Vie chère : une mercuriale prolongée, mais un impact qui tarde à se matérialiser

‎Six mois après son entrée en vigueur, la mercuriale des prix a été prolongée et élargie à 108 produits. Mais malgré l’accumulation de ces mesures anti-vie chère, les ménages peinent toujours à percevoir un changement concret dans leur panier.

‎Entrée en vigueur en février pour une durée initiale de six mois, la mercuriale des prix applicable à 105 produits de grande consommation a été reconduite et étendue à 108 articles, selon l’arrêté n°0020/PR/MEFDPLVC du 11 août 2026. L’Organisation gabonaise des consommateurs (OGC) a salué cette décision lundi dernier, lors d’un point de presse. Pour son président, Ibrahim Tsendjiet Mboulou, il s’agit d’« une mesure importante de renforcement de l’encadrement des prix et de protection du pouvoir d’achat des ménages ».

‎Ce satisfecit est cependant loin d’être partagé par tous. En grande surface comme dans les petites épiceries de quartier, l’effet du dispositif sur le coût de la vie reste difficile à percevoir. Pour beaucoup de consommateurs, il est même tout simplement absent. Les chiffres confirment cette impression : selon les derniers relevés de la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale, au premier trimestre 2026, l’indice des prix à la consommation n’a reculé que de 0,1 % pour le poste alimentation et boissons non alcoolisées. Une baisse trop marginale pour modifier la perception des ménages.

‎Les spécialistes du secteur tempèrent par ailleurs la portée de ce mécanisme. La mercuriale relève, pour ces derniers, d’une « réponse conjoncturelle à un problème structurel » : celui d’un pays qui ne produit qu’une faible part de ce qu’il consomme et ne peut donc maîtriser la chaîne des coûts de bout en bout.

‎Pour preuve, en dépit de la multiplication des mesures anti-vie chère ces dernières sans (suppression de taxes, allègements fiscaux, suspension temporaire des droits de douane et de la TVA sur les produits essentiels, etc.)  les ménages sont toujours à la peine.

‎La prolongation de la mercuriale s’inscrit donc dans la continuité d’une politique de régulation des prix qui répond à l’urgence, sans parvenir à corriger les déséquilibres profonds d’une économie gabonaise dépendante des importations.

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