Un document technique, dont l’achèvement était annoncé pour juillet par le ministère de l’Economie, des Finances, de la Dette et des Participations, conditionne aujourd’hui l’avenir des négociations entre le Gabon et le Fonds monétaire international. Il s’agit de l’audit de la dette publique, dont les conclusions doivent permettre de fixer le niveau réel de l’endettement de l’Etat gabonais, un préalable que Fitch Ratings juge déterminant dans sa note du 10 août pour toute reprise du dialogue avec l’institution de Washington.
L’enjeu est de taille. Fitch estime la dette publique gabonaise à 81,1% du PIB en 2025, un chiffre qui intègre une estimation des arriérés à hauteur de 13% du PIB à la même date. Or la majeure partie de ces arriérés concernerait des fournisseurs nationaux de biens et services à l’Etat, des créances souvent opaques, accumulées au fil des années sans traçabilité budgétaire claire. L’audit doit précisément clarifier ce stock, permettant de distinguer ce qui relève de la dette formelle de ce qui constitue un passif caché du secteur public.
Pour les Gabonais, cette clarification n’est pas un exercice purement technique. Le niveau réel de la dette conditionne directement la marge de manœuvre budgétaire de l’Etat pour les années à venir : plus le stock d’arriérés s’avère élevé, plus les efforts de consolidation budgétaire devront être significatifs, avec des répercussions potentielles sur les dépenses publiques, les investissements sociaux et les capacités de l’Etat à honorer ses engagements envers les entreprises locales et les agents publics.
L’issue de cet audit conditionne également la nature du programme que le FMI pourrait proposer au Gabon. Sans une image fiable de l’endettement total, l’institution ne peut réaliser une analyse de soutenabilité de la dette digne de ce nom, étape obligatoire avant tout accord de financement. Le retard ou l’opacité qui pourraient entourer la publication de ces résultats risquent ainsi de prolonger l’incertitude qui pèse sur les finances publiques gabonaises, à un moment où le pays doit déjà composer avec un déficit budgétaire élevé et un recours croissant à l’emprunt commercial coûteux.
Le calendrier de cet audit, resté flou depuis l’annonce de juillet, devient donc un test de transparence pour les autorités actuelles. Sa publication, ou son absence, dira beaucoup sur la volonté réelle de l’Etat gabonais d’assainir sa gestion budgétaire avant de solliciter un nouveau programme avec le FMI, une étape que Fitch présente comme incontournable pour restaurer durablement la confiance des créanciers.














