Gabon: la CNAMGS ne paie plus les pharmacies, l’accès aux médicaments se fragilise

Le commerce des produits pharmaceutiques a reculé de 4,8% au premier trimestre 2026 et de 3,4% en glissement annuel, une contre-performance notable dans un secteur qui touche directement la santé des Gabonais. La cause avancée par la DGEPF est sans détour : « ce fléchissement de l’activité est imputable aux retards de paiement de la CNAMGS, dont l’impact négatif pèse lourdement sur la trésorerie des officines ».

Cette phrase mérite d’être expliquée simplement. La Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale (CNAMGS) rembourse les pharmacies pour les médicaments délivrés aux assurés sociaux. Lorsque ces remboursements prennent du retard, les officines se retrouvent avec de l’argent immobilisé qu’elles ne peuvent pas utiliser pour reconstituer leurs stocks auprès des grossistes-répartiteurs, ce qui finit par se traduire par des rayons moins fournis et des difficultés à honorer certaines ordonnances.

Ce mécanisme n’est pas propre au Gabon, mais la NDC le documente ici de façon officielle et chiffrée, ce qui donne une base factuelle à un problème régulièrement évoqué par les professionnels de santé sans jamais être confirmé aussi clairement par une institution publique. C’est la première fois qu’un document de politique économique établit ce lien de causalité de manière aussi explicite entre les difficultés de trésorerie de la CNAMGS et le recul mesurable de l’activité pharmaceutique nationale.

Pour les assurés sociaux gabonais, qui dépendent de la CNAMGS pour la prise en charge de leurs soins, cette situation pose une question concrète d’accès aux médicaments. Une pharmacie confrontée à des tensions de trésorerie prolongées peut être contrainte de réduire ses stocks des molécules les moins rentables ou les plus coûteuses à financer, avec un risque de rupture d’approvisionnement pour certains traitements dans les zones où les officines sont peu nombreuses.

Cette situation s’inscrit dans un contexte budgétaire où plusieurs organismes publics gabonais connaissent des tensions de trésorerie ailleurs dans cette même note, rappelant que les difficultés de paiement de l’État et de ses institutions ont des répercussions concrètes et mesurables sur la vie quotidienne des citoyens, bien au-delà des seuls indicateurs macroéconomiques.

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