Avant de s’attaquer aux grands chantiers d’infrastructure, la Cour des comptes du Gabon veut d’abord se doter d’outils de pilotage interne. Son plan stratégique 2026-2030, adopté le 6 juin dernier et présenté ce jeudi 15 juillet, consacre 45 millions de fcfa, soit environ 62 035 dollars US au taux du 14 mai 2026, à un projet de « renforcement du cadre de gestion des JOF » dont les premières activités doivent démarrer dès cette année.
Un suivi méthodique
Le détail des treize activités programmées dessine les contours d’une institution qui cherche à se structurer méthodiquement. Une stratégie de communication doit être élaborée dès 2026, tout comme une procédure d’élaboration et de validation du budget de la Cour et un manuel de gestion de la qualité. S’y ajoutent, à des échéances allant jusqu’à 2028, un plan de formation actualisé, une procédure de programmation des travaux, et surtout un « mécanisme de suivi des recommandations », un outil qui, une fois opérationnel, permettrait de vérifier si les recommandations issues des audits de la Cour sont réellement appliquées par les entités contrôlées.

Ce projet, bien que budgétairement modeste comparé aux 21,5 milliards de fcfa destinés aux infrastructures, touche à un point sensible identifié par la Cour elle-même dans son auto-évaluation : une gestion « essentiellement documentaire » de ses procédures internes, avec un « faible impact médiatique » et un suivi jugé « peu cohérent » des dossiers ouverts. Se doter d’un manuel de gestion des ressources humaines et d’une procédure de validation budgétaire avant 2028 constitue est, à cet égard, un préalable structurant plus qu’un simple exercice administratif.
Un financement à la portée de l’institution
L’échéancier resserré de ce projet, la majorité des activités devant être finalisées entre 2026 et 2027, tranche avec le calendrier plus long des chantiers de construction. Il pourrait ainsi constituer le premier test de crédibilité du plan stratégique 2026-2030 : ces outils de gestion, contrairement aux bâtiments et véhicules, ne dépendent pas d’un financement extérieur massif et sont, en théorie, à la portée immédiate de l’institution elle-même.
La mise en place effective d’un mécanisme de suivi des recommandations, en particulier, sera scrutée de près. Si cet outil voit le jour dans les délais annoncés, il pourrait renforcer sensiblement la portée réelle des audits de la Cour des comptes, dont l’efficacité dépend largement de la capacité à s’assurer que ses recommandations ne restent pas lettre morte une fois les rapports publiés.














