Le Rapport annuel 2025 des Nations Unies au Gabon confirme un niveau d’endettement public de 70,5% du PIB en 2023, selon les chiffres du Fonds Monétaire International, en hausse estimée à environ 72% en 2024 d’après la Banque mondiale. Ce niveau dépasse le seuil de convergence de 70% fixé dans le cadre de surveillance multilatérale de la Communauté Économique et Monétaire d’Afrique Centrale, un repère que les États membres s’engagent normalement à respecter pour préserver la stabilité de la zone.
Le document onusien relie directement ce dépassement à un déficit budgétaire estimé à 3% du PIB en 2024, dans un contexte où les recettes publiques restent structurellement dépendantes de la volatilité des cours pétroliers. Le rapport évoque ainsi un risque de « dynamique défavorable de la dette », une formulation qui, sous son apparente prudence technique, décrit un scénario où le service de la dette pourrait absorber une part croissante des ressources publiques.
Malgré ce constat, le service des nations unies relève que les autorités ont maintenu une gestion prudente du passif, en assurant le service régulier de la dette extérieure et en apurant progressivement les arriérés intérieurs. Cette discipline a permis, selon le rapport, de préserver l’accès du pays aux financements concessionnels et multilatéraux, un enjeu déterminant pour un pays dont la marge de manœuvre budgétaire est déjà contrainte.
Le rapport suggère par ailleurs, en des termes mesurés, qu’une politique d’assainissement des finances publiques constitue désormais « une option envisageable » pour restaurer les marges de manœuvre budgétaires et consolider la crédibilité économique du pays au regard des exigences de stabilité régionale CEMAC. Il précise toutefois qu’une telle trajectoire ne pourra être soutenable que si elle préserve les investissements sociaux essentiels pour les enfants, les jeunes et les femmes, identifiés comme les premières populations touchées par les ajustements budgétaires.













