Le financement du Plan national de croissance et de développement 2026-2030 fait apparaître un premier décalage entre les sommes à mobiliser et les moyens actuellement inscrits au budget. Sur les 27 000 milliards de fcfa nécessaires au plan, le gouvernement indique que 10 000 milliards devront être apportés par l’État. Répartie sur les cinq années couvertes par le PNCD, cette contribution représente une moyenne arithmétique de 2 000 milliards de fcfa par an. Plusieurs présentations publiques du PNCD confirment une enveloppe globale de l’ordre de 27 000 milliards de fcfa.
À côté de cette moyenne de 2 000 milliards, le projet de loi de finances 2027 prévoit seulement 1 058,4 milliards de fcfa de dépenses d’investissement. Autrement dit, l’ensemble des investissements publics programmés pour l’année prochaine représente à peine 53 % de la contribution annuelle moyenne qu’il faudrait mobiliser pour atteindre 10 000 milliards sur cinq ans. L’écart atteint environ 941,6 milliards de fcfa.
La comparaison est d’autant plus significative que les 1 058,4 milliards de fcfa prévus en 2027 ne sont pas exclusivement destinés au PNCD. Cette enveloppe doit couvrir l’ensemble des investissements inscrits au budget de l’État. Elle comprend par ailleurs 287,3 milliards de fcfa financés sur ressources extérieures. Le montant directement financé par les autres ressources budgétaires ressort ainsi autour de 771 milliards de fcfa.
Le budget 2027 marque même un recul par rapport au collectif budgétaire 2026. Les investissements avaient alors été ramenés à 1 169,1 milliards de fcfa, contre 2 137,2 milliards initialement prévus. Pour 2027, ils diminueraient encore de 110,7 milliards de fcfa pour s’établir à 1 058,4 milliards. Le gouvernement avait expliqué une grande partie de la forte réduction opérée en 2026 par la déprogrammation de projets qui ne disposaient pas d’études de faisabilité.
Ces chiffres ne signifient pas que l’État devra obligatoirement décaisser exactement 2 000 milliards de fcfa chaque année : le PNCD peut prévoir des dépenses plus fortes certaines années et mobiliser différents mécanismes de financement. Ils donnent néanmoins la mesure du chemin à parcourir. Alors que le gouvernement veut accélérer le PNCD dès 2027, son budget prévoit pour l’ensemble des investissements publics une somme inférieure de près de moitié à la contribution annuelle moyenne correspondant aux 10 000 milliards annoncés pour l’État.













