Gabon : les coupures d’électricité s’aggravent, la production plonge de 13,2% au premier trimestre

La production nationale d’électricité a chuté de 13,2% au premier trimestre 2026, l’un des reculs les plus sévères de tout le secteur des activités essentielles suivi par la DGEPF. La note est directe sur les conséquences concrètes de cette baisse : elle a entraîné « d’importants délestages tout au long de la période sous-revue », c’est-à-dire des coupures de courant régulières ressenties par les ménages et les entreprises.

La cause avancée par la DGEPF tient en une phrase : « cette contraction s’explique par les nombreuses avaries ayant affecté l’outil de production, dans un contexte marqué par l’insuffisance des ressources allouées à la maintenance ». Autrement dit, ce ne sont pas des pannes isolées et imprévisibles qui expliquent ces coupures, mais un déficit d’entretien des centrales elles-mêmes, documenté noir sur blanc par une institution publique.

Cette baisse de la production électrique s’inscrit dans un trimestre où l’ensemble de la chaîne énergétique gabonaise a été mise à rude épreuve. La production de gaz naturel commercialisé, qui alimente une partie du parc électrique national, s’est effondrée de 44,9% sur la même période, un recul dix fois plus sévère que celui de l’électricité elle-même. Cette coïncidence temporelle suggère que les difficultés en amont, sur l’approvisionnement en gaz, ont pu se répercuter directement sur la capacité des centrales à produire de manière continue.

Pour les foyers gabonais, ces délestages ne sont pas qu’une statistique abstraite : ils se traduisent concrètement par des coupures qui affectent la conservation des aliments, le fonctionnement des commerces, la recharge des téléphones et, plus largement, le quotidien de millions de personnes dépendant du réseau électrique national. Le secteur de l’eau, également relié à la production électrique, a lui aussi connu un repli, quoique plus modéré, de 0,4% sur le trimestre, avec des perturbations attribuées en partie à ces mêmes délestages.

Ce trimestre confirme ainsi une fragilité structurelle du réseau électrique gabonais, où l’insuffisance chronique de maintenance, reconnue explicitement par les autorités économiques elles-mêmes, continue de peser sur la fiabilité d’un service pourtant essentiel à la vie quotidienne comme à l’activité économique du pays. Reste à savoir si les généreuses exonérations accordées au turc Karpowership suffiront à résoudre le problème de la desserte en électricité. 

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