Le taux de chômage au Gabon atteint 20,1 %, selon les données reprises par la Banque africaine de développement. Dit autrement, environ une personne active sur cinq est sans emploi. Le pays se situe légèrement au-dessus du Congo, où le taux atteint 19,8 %, tandis que la Centrafrique se distingue par un niveau beaucoup plus élevé de 62 %. Pour le Gabon, le chiffre met en évidence le décalage persistant entre la richesse générée par les ressources naturelles et la capacité de l’économie à fournir suffisamment d’emplois.
La BAD identifie la structure économique comme l’une des explications. Les industries extractives sont intensives en capital : elles nécessitent beaucoup d’investissements, de machines et d’équipements, mais leur développement ne crée pas nécessairement autant d’emplois que d’autres secteurs. Une hausse de la production de pétrole ou de manganèse peut donc accroître le PIB, les exportations ou les recettes publiques sans entraîner une augmentation proportionnelle du nombre de salariés.
Le faible développement du secteur privé et le poids de l’économie informelle complètent ce constat. Pour la BAD, ces caractéristiques limitent le nombre d’emplois formels disponibles et la capacité de la croissance à améliorer durablement la situation sociale. Une activité informelle peut procurer un revenu, mais elle fonctionne souvent avec peu de capital, une faible productivité et sans les mêmes mécanismes de protection sociale, de retraite ou de financement qu’une entreprise formalisée.
La faible progression du revenu par habitant en Afrique centrale montre également les limites du modèle actuel. Alors que le PIB réel régional a augmenté de 3,6 % en 2025, le PIB réel par habitant n’a progressé que de 0,5 %. La BAD prévoit 0,9 % en 2026 puis 1,2 % en 2027, des niveaux toujours très éloignés des 3,5 % qu’elle considère comme nécessaires pour réduire durablement la pauvreté et les inégalités. La croissance globale peut donc rester positive sans produire une amélioration comparable du niveau de vie.
Pour le Gabon, la réduction du chômage passe ainsi par la capacité à développer des secteurs employant davantage de travailleurs et à faire grandir les entreprises existantes. La BAD met en avant la diversification, la transformation économique, le développement du secteur privé et la formalisation. L’équation consiste donc moins à abandonner le pétrole ou le manganèse qu’à utiliser les revenus tirés de ces activités pour élargir suffisamment le reste de l’économie afin que la croissance génère davantage d’emplois.













