Le Gabon a passé 156 jours sous sanctions de la Banque africaine de développement en 2025 en raison d’arriérés de paiement. Cela représente un peu plus de cinq mois cumulés sur une année. La situation n’était pas nouvelle : en 2024, le pays avait déjà enregistré 187 jours de sanctions, soit plus de six mois. Ces chiffres donnent une mesure concrète des difficultés rencontrées par le Trésor pour honorer certaines échéances envers l’institution multilatérale dans les délais prévus.
Ces sanctions ne sont pas uniquement administratives. La BAD précise qu’elles peuvent entraîner la suspension des décaissements, empêcher la signature d’accords de prêts concernant des projets pourtant déjà approuvés par son Conseil et suspendre la présentation de nouveaux projets. En pratique, un arriéré de paiement de l’État peut donc avoir des conséquences sur des infrastructures ou programmes financés par la Banque, même lorsqu’ils n’ont aucun lien direct avec la dette ayant provoqué la sanction.
Le problème s’est prolongé en 2026. Le rapport indique qu’au moment où ses données ont été arrêtées, le Gabon était le seul pays d’Afrique centrale à avoir connu des sanctions de la BAD en 2026. L’institution ne précise toutefois ni la durée de ces nouvelles sanctions ni le montant exact des arriérés concernés. Le document permet donc d’établir la répétition des incidents de paiement, mais pas d’en chiffrer intégralement le coût financier pour l’exercice 2026.
Ces incidents interviennent alors que la dette pèse déjà lourdement sur les recettes publiques. La BAD estime que son service représentait 84,9 % des recettes du Gabon en 2025, contre 69,3 % un an auparavant. Le pays est désormais classé à risque élevé de surendettement. Une telle concentration des échéances accroît la pression sur la trésorerie : lorsque les recettes disponibles à un instant donné ne suffisent pas, le gouvernement doit arbitrer entre remboursement, refinancement et autres dépenses publiques.
Pour la BAD, l’accumulation des arriérés fait partie des principales fragilités de la dette en Afrique centrale, au même titre que le coût du service et les reprofilages de dette intérieure. Dans le cas gabonais, la question dépasse donc le montant total de l’endettement : elle porte aussi sur la capacité à disposer de suffisamment de liquidités au bon moment pour éviter les défauts temporaires. Des paiements irréguliers peuvent ainsi compliquer l’accès aux financements précisément au moment où l’État cherche à mobiliser des ressources pour ses investissements.













