Luxury Car est un concessionnaire automobile fondé en 2010, (Le Pratique du Gabon) implanté dans la Zone Industrielle d’Oloumi à Libreville. Showroom visible, présence sur les réseaux sociaux, partenariats bancaires affichés : la société existe, elle est connue, et ses voitures sont bien là. Ce qui est moins visible, en revanche, c’est l’identité précise de ses actionnaires, sa structure capitalistique, et les conditions dans lesquelles elle a raflé, en cinq ans, 15,198 milliards de fcfa de marchés publics sans jamais affronter un seul concurrent.
Luxury Car : importateur direct ou intermédiaire de négoce ?
Depuis 2011, Luxury Car s’illustre comme un concessionnaire automobile de premier plan au Gabon, proposant une sélection variée de véhicules neufs et d’occasion. Elle a même ouvert en février 2025 un deuxième site à Akanda, avec un showroom digital à bornes interactives. Elle a tissé des partenariats avec la BCEG, Orabank et Ecobank pour le financement des acquisitions. Le profil commercial est réel. Mais entre vendre des voitures aux particuliers et capter la quasi-totalité de la commande publique automobile de l’État gabonais en entente directe, il y a une question que personne n’a encore posée publiquement : à quel titre Luxury Car a-t-elle été systématiquement choisie, et par qui ?
La question de savoir si Luxury Car est un importateur direct ou un intermédiaire de négoce reste entière. Un importateur direct dispose de ses propres contrats avec les constructeurs ou leurs distributeurs régionaux. Un intermédiaire ajoute une couche de marge entre le prix d’achat en réseau agréé et le prix facturé à l’État. Or plusieurs marchés attribués à Luxury Car portent sur des véhicules Toyota, alors que Toyota Gabon dispose d’un concessionnaire officiel installé à Oloumi depuis des décennies. Ni le portail DGMP, ni aucun document public disponible, ne précise les marques exactes livrées ni les conditions tarifaires retenues.
Un même groupe économique sous deux identités distinctes
Les deux marchés d’août 2025 ajoutent une couche de complexité. Sur le marché de la commune d’Oyem et sur celui de la Primature, le portail DGMP distingue Luxury Car comme « Société » et 241corporation comme « Attributaire ». Mehdi Keack, dont le nom est associé à Luxury Car dans les milieux d’affaires gabonais, et les dirigeants de 241corporation entretiennent-ils des liens capitalistiques ou opérationnels ? La réponse à cette question conditionne la lecture de l’ensemble du dossier. Si les deux entités sont liées, un même groupe économique a bénéficié de marchés publics sous deux identités distinctes sur plusieurs années.
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Ce que les données établissent sans ambiguïté, c’est qu’une société commerciale bien implantée, dotée de showrooms et de partenaires bancaires de premier plan, a capté 15,198 milliards de fcfa de commandes publiques en seize attributions consécutives, toutes en entente directe, sans qu’aucune procédure compétitive n’ait permis à un concurrent de présenter une offre alternative. La visibilité commerciale de Luxury Car dans le paysage gabonais rend d’autant plus inexplicable l’absence d’appel d’offres : une société connue, établie, bancarisée, aurait parfaitement pu soumettre un dossier de qualification et remporter des marchés dans le cadre d’une procédure transparente. Le choix de l’entente directe ne s’explique donc pas par l’obscurité de l’attributaire. Il s’explique par autre chose.














