Gabon : après les examens, le casse-tête des capacités d’accueil

‎Les examens de fin d’année ont livré leurs verdicts, avec pour ultime séquence la proclamation du baccalauréat samedi dernier. Reste désormais une équation autrement plus délicate pour l’État gabonais : où accueillir ces dizaines de milliers de collégiens et d’étudiants ?

‎Le Certificat d’études primaires (CEP) a ouvert le bal le 27 juin dernier. Sur 49 500 inscrits, 47 966 ont décroché le sésame, soit un taux de réussite de 97,74 %. Mais la vraie difficulté a commencé après l’annonce des chiffres, avec la nécessité d’orienter ces nouveaux collégiens.

‎La ministre d’État à l’Education nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, a d’abord évoqué un recours au privé pouvant aller jusqu’à 18 000 élèves, faute de places dans le public. Ce chiffre a finalement été ramené à moins de 3 000. Comment ? En assumant des effectifs pléthoriques dans les lycées et collèges publics existants. Une solution que la ministre a présentée comme temporaire, « le temps d’achever des chantiers d’établissements en cours », avec un redéploiement promis après le premier trimestre. Une promesse qui peine cependant à convaincre, tant le provisoire a le don de devenir définitif au Gabon. À cela s’ajoute le manque de tables-bancs, identifié par la ministre comme une priorité… pour les prochaines conférences budgétaires. 

‎La même équation des capacités d’accueil se pose à la sortie du secondaire. 27 380. candidats ont décroché le baccalauréat 2026, sur 31 695 présents. Soit 86,38% de réussite. Tous frappent maintenant à la porte d’un enseignement supérieur public déjà à l’étroit. Le dernier chiffre officiel connu, donné en 2024, évoquait un déficit de 6 000 places dans les établissements publics. Un fossé qui s’est naturellement accentué,  faute de nouvelles infrastructures.

‎Le privé, censé absorber le trop-plein, a lui aussi ses limites : plusieurs établissements partenaires de l’État peinent à se faire payer, ce qui freine leur dynamique. Quant à l’envoi d’étudiants à l’étranger, autre soupape traditionnelle, il se rétrécit aussi, avec, entre autres, la fin annoncée des bourses d’État vers les États-Unis, le Canada et la France, au nom du coût de ces destinations et de la fuite des cerveaux qu’elles alimenteraient.

‎En définitive, si les taux de réussite aux examens de fin d’année sont bons cette année, la question de savoir où asseoir chaque apprenant, elle, reste ouverte. 

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