Maladie mentale au Gabon : le 1324, oui mais…

LE COFFRET

L’instauration de ce numéro vert par les pouvoirs publics ne suffira pas à régler la problématique de la prise en charge des malades mentaux au Gabon. La question centrale étant, de l’avis du plus grand nombre, l’opérationnalisation de l’hôpital psychiatrique de Melen. Et pourquoi pas, le développement de structures sanitaires similaires dans les autres provinces du pays. 

Depuis le 27 mars dernier, le ministère de la Santé a institué un numéro vert (1324) pour permettre à tout citoyen d’informer de la présence des malades mentaux errants à travers Libreville, et aider au transfert de ces derniers vers le Centre national de santé mentale de Melen (CNSM). La mise en place de cette ligne gratuite et opérationnelle 24h/24 vient compléter l’opération de ramassage des malades mentaux instaurée dès sa prise de fonction par le ministre Guy-Patrick Obiang Ndong, mais en arrêt depuis quelques mois, pour cause de saturation du Centre. Quelques questions fusent dès lors. Ce numéro vert aura-t-il plus de succès que l’autre contact téléphonique (066 611 081) instauré depuis le 13 août 2020 pour la même mission? Et si la problématique centrale était l’image de mouroir que renvoie l’hôpital psychiatrique de Melen ? Dans le cas où ce numéro vert serait appréhendé par les populations, le ministère de la Santé pourra-t-il prendre en charge tous les malades qui seraient redirigés vers Melen, alors que l’on sait cette structure limitée sur le plan infrastructurel et humain? 

Jusqu’à présent, l’hôpital psychiatrique de Melen a un problème de capacités d’accueil et de budget de fonctionnement, de l’aveu du directeur sortant, Thierry Bayito Moukoko. Lequel faisait état il y a quelque temps de 100 places initialement disponibles, dont un bon nombre « dans une vétusté très avancée». Le premier combat est certainement celui  de la modernisation de cette structure sanitaire. Et peut-être, l’implantation de centres psychiatriques à l’intérieur du pays. Même si en complément, l’on peut penser à des soins en itinérance.  

Au Gabon, la Loi n°009/2015 du 7 mars 2016 oblige les pouvoirs publics à offrir aux malades mentaux, quel que soit leur âge, des soins médicaux et psychiatriques, et de leur assurer une prise en charge psychologique et sociale. 

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