Lambaréné : privées d’électricité et d’eau par la SEEG, les populations envahissent la rue au quartier Adouma

LE COFFRET

En dépit d’un chiffre d’affaires en hausse de 2,6% en 2021 à près de 244 milliards de fcfa, dont plus de 212 milliards pour le seul segment électricité, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) semble de moins en moins apte à contenir la demande. Que ce soit à Libreville la capitale où à l’intérieur du pays, le seul et unique opérateur du secteur énergétique est à la peine, comme en témoigne le ras-le-bol exprimé depuis ce mercredi 31 août par les populations de Lambaréné au quartier Adouma, dans la province du Moyen-Ogooué. Un ras-le-bol lié aux nombreux délestages et coupures intempestives qui émaillent leur quotidien depuis un peu moins d’un mois.

390 198 abonnements en électricité en 2021 (en hausse de 4,1%). 195 550 abonnements en eau (en hausse de 3,1%). 2793 kWh d’électricité produite (en hausse de 2,6%), couronnés par un chiffre d’affaires évalué à 243,6 milliards de fcfa. Ces données de la direction générale de l’économie et de la politique fiscale (Dgepf) dans son tableau de bord 2021, censées témoigner de la bonne tenue du secteur de l’énergie, sont pourtant bien loin de refléter la qualité de service offerte aussi bien aux populations qu’aux entreprises. En témoigne le ras-le-bol exprimé depuis ce mercredi 31 août par les populations de Lambaréné, dans la province du Moyen-Ogooué. 

En effet, en proie à de nombreux délestages et autres coupures intempestives, à l’origine de nombreux dysfonctionnements aussi bien pour l’administration que pour les entreprises privées ces dernières semaines, les populations de cette partie du Gabon se sont résolues à manifester leur mécontentement. Interrogés par nos soins, certains habitants n’ont d’ailleurs pas caché leur frustration, « je n’ai pas déclaré mon fils à la Cnamgs aujourd’hui. Tout simplement parce qu’il n’y a pas d’électricité. Et ça dure depuis des semaines », déclarait ainsi une habitante du quartier Isaac. 

Plus loin, un autre habitant excédé par cette situation pour le moins dramatique, quand on sait que la masse salariale de ce secteur affiche en 2021 pas moins de 47,5 milliards de fcfa (en hausse de 8,2%), déclarait : « Je ne comprends pas pourquoi je paie des factures alors que je passe des journées entières sans électricité et parfois sans eau. C’est scandaleux ». Comble de l’ironie, même l’agence locale de la SEEG n’avait pas d’électricité à notre passage, au même titre que les quartiers Atongowanga, Adouma, Isaac, Pk5, Agnoundzouma, Ste Thérèse ou  Moussamoukougou, pour ne citer que ceux-là. 


Révélatrice de la baisse drastique des investissements enregistrée ces dernières années (seulement 21 milliards de fcfa en 2021 contre 49,1 milliards de fcfa en 2019), cette situation liée selon une source interne, à « une panne de deux des cinq Groupes générateurs qui alimentent la ville », entraînant une perte de « 60% de la puissance installées », témoigne de l’incapacité actuelle d’une société en proie à de nombreuses difficultés de management. A noter que selon la même source, il existe également « un déficit de la production d’eau, à cause de la défaillance des pompes ».

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