Adhésion du Gabon au Commonwealth : le pays attendu sur le respect de la démocratie

LE COFFRET

L’adhésion du Gabon au sein de l’organisation anglophone ce samedi 25 juin devrait amener le pays à adopter l’anglais comme deuxième langue officielle. Mais surtout, à se conformer plus que jamais, aux valeurs démocratiques que promeut vigoureusement le Commonwealth. À telle enseigne que certains se demandent si le pays sera à la hauteur des attentes. 

La nouvelle était dans l’air depuis quelques mois. Ce samedi 25 juin 2022, le Gabon a fait son entrée officielle comme 55ème État membre du Commonwealth, l’organisation intergouvernementale qui réunit autour de l’Empire britannique les pays qui ont l’anglais en partage (mais pas que). L’ancienne colonie française devient ainsi bilingue, avec l’anglais qui sera désormais 2ème langue officielle du pays. 

L’adhésion du Gabon a été actée à l’occasion du 26ème sommet des Chefs d’État du Commonwealth qui se tient actuellement à Kigali (Rwanda). Une date « historique » pour le Chef de l’État Ali Bongo Ondimba, pur produit du système français qui affectionne particulièrement la langue de Shakespeare. Un échec pour la Francophonie et la France qui, visiblement, n’ont plus grand chose à apporter au Gabon (surtout pas le respect des droits de l’Homme).

(…) 62 ans après l’Indépendance, notre pays s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son Histoire. De nombreuses opportunités s’offrent à nous sur le plan économique, diplomatique et culturel.

Ali Bongo Ondimba, président du Gabon

S’est réjoui le président de la République sur son compte Facebook, alors qu’il pourrait briguer un troisième mandat à la tête du pays. 

Ce que le Chef de l’État a oublié de souligner, c’est que le challenge sera aussi démocratique. Car cette organisation semblable, voire concurrente à la Francophonie, impose le respect d’un certain nombre de valeurs à ses membres telles que l’égalité, la non-discrimination, la démocratie et la primauté du droit. Des matières où le Gabon n’a pas toujours été bon élève, malgré son adhésion à une Francophonie qui semble ne pas avoir mis toute la rigueur du monde pour que ces principes soient respectés par ses adhérents. 

Pour le cas de la démocratie par exemple, avec sa 121ème place au classement des 165 pays les plus démocratiques en 2021, le pouvoir gabonais est plutôt considéré comme de type autoritaire, selon l’Economist Intelligence Unit (EIU). Le Togo, qui a lui aussi adhéré au Commonwealth samedi, n’est pas mieux loti, avec sa 136ème place mondiale. 

Une réalité qui a donné un avis acerbe à un leader de la société civile gabonaise, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso.

Les 2 seuls pays en Afrique à ce jour ayant eu une succession « dynastique » à la tête de leur Exécutif viennent d’intégrer le Commonwealth. Espérons qu’ils apprennent du Nigéria, du Ghana et des autres pays anglophones en matière des normes démocratiques et d’alternance politique. Bonne chance.

Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, ambassadeur Leadership et engagement Jeunesse

Avec l’ajout du Gabon et du Togo, le Commonwealth compte désormais 56 Etats, pour 2,6 milliards d’individus, soit un tiers de l’humanité. Le Gabon est-il sur le point de changer ou est-ce le Commonwealth qui n’est plus que l’ombre de lui-même comme le soulignait Phil Murphy, professeur d’histoire britannique et du Commonwealth à l’Université de Londres dans le journal The Times ?

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