Burkina Faso : sauvetage des 8 mineurs de Perkoa, les familles y croient

LE COFFRET

23 jours après une importante inondation survenue dans des galeries minières à Perkoa dans le centre-Ouest du Burkina Faso, six Burkinabès, un Zambien et un Tanzanien qui travaillaient sur le site n’ont toujours pas été retrouvés malgré l’intensification des efforts de recherche. Depuis l’incident survenu le 16 avril dernier,  un engouement certain se déploie autour de la désormais tristement célèbre mine. 

Cette affaire cristallise les débats au Burkina Faso depuis maintenant plus de deux semaines. Trevali Mining, compagnie minière canadienne exerçant dans l’extraction et l’exportation de zinc à Perkoa, a annoncé la disparition de huit de ses travailleurs. Alors que la majorité du personnel a pu être évacué après les pluies diluviennes qui ont inondé une importante partie des galeries, les mineurs, qui se trouvaient à 700 mètres de profondeur, n’ont pu sortir à temps. Depuis, les responsables de la mine et le gouvernement burkinabè mènent des opérations de sauvetage sans relâche même si à ce stade, les chances de les retrouver vivants s’amenuisent. 

L’espoir en guise de revigorant 

Au milieu des galeries où sont mobilisés plus d’une centaine d’hommes, l’espoir perdure si tant est que  l’évacuation des eaux est passée à une vitesse supérieure grâce à l’installation de deux pompes supplémentaires plus performantes. Ces appareils en provenance du Ghana ont permis une vidange rapide et efficace des eaux. Selon les informations du porte-parole du gouvernement Lionel Bilgo,  désormais « le niveau d’eau est à 550 mètres et la chambre de refuge où pourraient se trouver les huit mineurs est à une profondeur de 580 mètres » , de quoi rassurer les familles des disparus qui depuis le 7 mai sont vent debout face à la lenteur des investigations. Antoine Bama, porte-parole des proches des mineurs, a dénoncé lors d’une manifestation l’ambiguïté de la situation.

Des efforts de solidarité émanant de tous bords 

De nombreux partenaires internationaux du Burkina-Faso ont accouru au chevet du pays pour essayer de trouver des solutions à cette crise qui pourrait très vite virer au drame. Le Ghana, le Maroc, l’Afrique du Sud et l’Union européenne s’apprêtent à acheminer le matériel nécessaire pour extirper les infortunés. La semaine dernière, des internautes burkinabès ont appelé les citoyens à lancer une chaîne de solidarité notamment en relayant cette annonce massivement et en arborant des photos de profil en hommage aux disparus de l’inondation. Tout ceci dans le but de maximiser la couverture médiatique de cet accident. 

Le Premier ministre burkinabè, Albert Ouédraogo, dénonce une irresponsabilité sans commune mesure des responsables de la mine. Il indique que « Quelques jours avant l’accident, […] des dynamitages sur la mine à ciel ouvert ont fragilisé la galerie et favorisé cette inondation ». À cet effet, une enquête judiciaire a été ouverte afin de faire toute la lumière sur cet incident. Par ailleurs, des mesures conservatoires ont été prises à l’encontre de la société accusée de négligence. Les responsables de la mine ont reçu l’interdiction formelle de quitter le pays.

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