Gabon : glisse-t-on vers une cessation de paiement en juillet 2022 à la CNSS ?

LE COFFRET

L’assurance maladie et la sécurité sociale ont décidément de mauvais jours devant elles au Gabon. Les deux secteurs, d’une importance cruciale pour la population dans son ensemble, sont au bord de la rupture dans notre pays, du fait de plusieurs facteurs, dont une gouvernance (financière) chaotique. 

Il y a d’abord eu la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) dirigée par Séverin Anguilet. L’entité fait la Une des médias depuis le 5 mai dernier, date à laquelle les soignants ont acté la suspension de cette assurance dans les hôpitaux publics (la décision est encore en vigueur), à cause de la dette abyssale de la CNAMGS vis-à-vis des structures sanitaires. Et comme si cela ne suffisait pas, l’on apprend que la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), dirigée par Patrick Ossi Okori, est dans une situation bien plus catastrophique. 

A l’occasion d’un conclave tenu la semaine écoulée au sein de cette entreprise parapublique, le directoire a révélé que la CNSS sera en cessation de paiement en juillet 2022, si l’Etat n’intervient pas pour rééquilibrer ses comptes. Et les chiffres qui appuient cette sombre perspective sont pour le moins effarants. 

L'on parle de 55 milliards de fcfa  de dettes bancaires ; un résultat négatif de 28 milliards en 2020 ; 5125 nouveaux droits impayés depuis 4 ans, 0 fcfa de réserve ; une augmentation des pensions de 37% contre une diminution des cotisations de 6%. 

Si a cela on ajoute des charges de fonctionnement de l’ordre de 49 milliards de fcfa, une moyenne de 500 retraités par mois,  un système d’information propice à la fraude (selon le rapport interne de la CNSS), etc. l’on mesure mieux le précipice vers lequel cet établissement fonce. 

C’est dire que l’avenir est sombre pour les 27 mille retraités pris en charge par la CNSS, ainsi que ses 128 mille cotisants. La situation est toute aussi préoccupante pour les 2 mille agents de la Caisse qui pourraient se retrouver au chômage dans les deux mois qui viennent.

Et ce ne sont pas les mises en garde du syndicat-maison, le Sypross, qui a dit qu’il ne  tolérera aucun licenciement, qui changeront grand-chose à la faillite en approche. Tous les regards sont désormais tournés vers le pouvoir central, pour la survie ou pas de la CNSS. Créée en 1975, cette Caisse a pour mission d’assurer la sécurité sociale et les retraites aux travailleurs du secteur privé.

Laisser un commentaire

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dernière Publication

Culture/Nuit Des Talents : comme un air de pré-campagne ?

16 ans après la disparition des Balafon Gabon Music, les acteurs culturels ont à nouveau eu droit à une...

Top 5 des articles les plus lus par nos lecteurs

Nos lecteurs ont aussi aimé cet article

Soutenez la presse libreChoisissez une offre
+
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x