Gabon / Les Démocrates : cinq ans d’existence, et déjà des frictions

LE COFFRET

C’était la première force politique de l’opposition gabonaise, au sortir des élections couplées (Législatives et Locales) d’octobre 2018 boudées par le camp Jean Ping. Les Démocrates de Guy Nzouba-Ndama , qui ont fêté leurs 5 ans d’existence samedi dernier, ont perdu de leur superbe, notamment avec les récentes démissions de trois principaux  lieutenants de Guy Nzouba-Ndama, dont le  maire de Mouila, Norbert Diramba, et le député du 1er siège de la commune de Tchibanga, Jean-Pierre Doukaga Kassa. 

A la faveur du remaniement gouvernemental du 08 mars dernier,  trois cadres de Les Démocrates ont surpris le monde en rejoignant la mouvance présidentielle (Norbert Diramba et Jean-Pierre Doukaga Kassa au gouvernement, Maxime Ondimba au Haut-Commissariat de la République). L’on découvrira plus tard des lettres de démissions de ces lieutenants parmi les lieutenants de Guy Nzouba-Ndama, lesquels déploreraient, entre autres raisons de leurs départs, « un parti sans vision claire du développement du Gabon ».

Cette actualité a marqué la célébration des 5 ans d’existence de leur désormais ex-parti politique, samedi dernier à Libreville. Invité à se prononcer sur ces mouvements, l’ancien président de l’Assemblée nationale affirmera ne rien à voir avec ces départs, lesquels auraient été menés sans qu’il n’ait été consulté, et donc sans son aval.

Quoi qu’il en soit, ces départs pour les uns, trahisons pour d’autres, sonnent comme un désaveu et un échec de la vision portée par le président du parti Les Démocrates qui reste tout de même serein quant aux prochaines échéances électorales. 

Les actes, qui ne manqueront pas de laisser des traces au sein de ce néo-parti politique de l’opposition, sont d’autant plus symboliques que les démissionnaires étaient des dirigeants du premier cercle des Démocrates. L’on a encore en mémoire la fidélité renouvelée de Jean-Pierre Doukaga à l’endroit de son mentor lorsque ce dernier, alors président de l’Assemblée nationale, en a fait son questeur durant 10 ans. Une marque de confiance qui demeurera, même quand Guy Nzouba-Ndama rejoindra l’opposition avec fracas en 2016. Toute chose qui vaudra même à sieur Doukaga Kassa plusieurs mois d’emprisonnement. 

C’est dire qu’au moment où Guy Nzouba-Ndama est appelé par la  base du parti à candidater pour la prochaine élection Présidentielle de 2023, ce dernier gagnerait à assainir les fondements de son parti politique, pour ne fût-ce qu’assurer sa pérennité. La saignée n’étant peut-être pas encore finie.

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