Gabon : plus de 3 milliards de recettes pour le compte « promotion audiovisuelle et cinématographique » et zéro contenu visible

LE COFFRET

Selon les données fournies par la direction générale du budget et des finances publiques à travers son rapport d’exécution budgétaire, le montant des recettes collectées en 2020 au titre de la promotion audiovisuelle et cinématographique, s’est établi à un peu plus de 3 milliards de fcfa. Exécutée à plus de 257%, cette recette constitutive des comptes d’affectations spéciales (CAS), n’a pourtant pas été en mesure de renforcer l’offre cinématographique ou même de renforcer l’offre locale. 

Effective au Gabon depuis 2018 et censée favoriser la promotion du 7ème art local, la redevance audiovisuelle et cinématographique peine jusque-là à se justifier. Prélevée à hauteur de 500 fcfa auprès des consommateurs, cette taxe qui a permis de générer pas moins de 3 milliards de fcfa à fin décembre 2020, n’a pourtant pas permis l’éclosion de nouveaux projets cinématographiques « made in Gabon », en dépit du vivier incroyable de talents dont dispose le pays notamment Samantha Biffot , réalisatrice de la magnifique série « Mamie Wata » produite par Canal+, Melchy Obiang, réalisateur du film « le coeur des femmes » lauréat du « Grand prix spécial du jury » lors du Festival international du film africain à Paris en 2021, Nadine Otsobogo, co-réalisatrice de la série « Eki » (production Canal +), pour ne citer que ceux- là.

En effet, orienté depuis sa création vers les structures publiques de télédiffusion qui se la répartissent selon certaines indiscrétions, en primes diverses, cette redevance audiovisuelle et cinématographique (RAC) qui pourrait d’ailleurs passer du simple au triple comme souhaité par l’ancien ministre de la Communication et de l’Economie numérique, Anicet Mboumbou Miyakou, avant son débarquement du gouvernement, peine à se justifier plus de trois ans après sa création. 

Exécutée en dépense à hauteur de 2,8 milliards de fcfa soit près d’un milliard de fcfa pour l’achat de biens et services et un peu plus de 1,8 milliard de fcfa en investissement dont on ignore réellement le contenu, cette “RAC” interroge l’opinion. Des interrogations d’autant plus légitimes qu’elles s’ajoutent à un véritable chapelet d’autres taxes et redevances, élaborées par l’exécutif ces dernières années, et dont on peine à mesurer l’efficacité.

Prélevée par les fournisseurs de télévision payante comme le français Canal+, qui la débitent chaque mois lors de l’abonnement ou du réabonnement, cette redevance qui reste donc une grande inconnue de par son utilisation, devrait poursuivre son bout de chemin au grand dam des populations. Ces mêmes populations qui ont accès à des programmes divers venus d’autres pays africains, et qui attendent que la RAC permettent l’éclosion des leurs. Le nouveau ministre de la Communication, Pascal Houangni Ambouroue parviendra t-il à relever ce défi ?

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