Gabon / SEEG : 194,2 milliards de chiffre d’affaires, mais un service toujours insatisfaisant

LE COFFRET

La Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) a réalisé un chiffre d’affaires de 194,2 milliards de FCFA en 2021, selon les données du ministère de l’Économie. Un chiffre à saluer pour une entreprise locale, mais qui contraste fortement avec la qualité du service offert aux usagers. Ceci, alors que l’Etat s’était engagé, il y a 5 ans, à investir dans l’outil de production qui fait aujourd’hui défaut.

La Société d’énergie et d’eau du Gabon est en parfaite santé financière. En témoigne le récent rapport du ministère de l’Économie, qui  révèle que son chiffre d’affaires  pour 2021 atteint les 194,2 milliards de FCFA.  Comment pouvait-il d’ailleurs en être autrement ? L’entreprise  (re)nationalisée en 2017 reste, en dépit des promesses d’ouverture du gouvernement, l’unique prestataire dans la production, le transport et la commercialisation de l’eau et de l’électricité au Gabon. 

Mais si ces chiffres sont à saluer, ils cachent un sombre revers, lié à une qualité de service qui demeure insatisfaisante pour les usagers. En effet, à Libreville, et à l’intérieur du pays encore plus, d’innombrables quartiers et domiciles continuent de manquer d’eau en dépit des compteurs installés, quand ce ne sont pas les coupures d’électricité qui rythment leur quotidien. 

Au regard des sommes annoncées, l’on aurait pu penser qu’investir dans l’outil de production était une évidence pour la SEEG. Tant il n’y a pas d’entreprise sans clients satisfaits. Que nenni ! Ce domaine reste celui où l’entreprise pèche le plus, de l’avis de nombreux spécialistes. 

Pourtant, lors du renouvellement de la concession de Veolia pour 5 ans, en 2017, le gouvernement gabonais  s’était engagé à « investir dans les ouvrages de production, de transport et de distribution, lesquels devaient être mis à la disposition de la SEEG pour exploitation ». Force est de constater que cet engagement n’a pas été respecté. Les équipements étant continuellement en déphasage avec la demande croissante. 

Vendredi dernier, la SEEG a signé une convention de prêt d’une valeur de 100 milliards de FCFA avec la BGFI Bank pour réaliser les investissements qui, dit-on, devraient permettre d’en finir avec les délestages et les pénuries d’eau d’ici 5 ans. Vivement que cette promesse, qui n’est pas la première du genre, et qui intervient à l’entame d’une nouvelle concession de 20 ans avec l’Etat gabonais, aboutisse sur du concret cette fois-ci. 

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