Gabon / vague d’enlèvements supposés d’enfants : où placer le curseur ?

LE COFFRET

Ferdinand DEMBA
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Passionné de lettres et désormais de chiffres, Ferdinand DEMBA est le directeur de publication d’Inside News241. Journaliste de métier et de convictions, lui et son équipe sont au service d’une information objective, d’utilité publique et au service de la vérité.

Depuis quelques 3 semaines, des histoires d’enlèvements supposés d’enfants se multiplient dans la blogosphère gabonaise. Une vague de dénonciations semblable à ce que le Gabon avait déjà traversé en janvier 2020, laquelle s’était soldée par la mort d’un paisible citoyen sous la vindicte populaire, pour des accusations finalement difficiles à établir. Mais les dernières dénonciations revêtent un caractère particulier, parce qu’elles interviennent à un an des élections générales (Présidentielle, Législatives et Locales) au Gabon. Une période perçue dans l’inconscient populaire comme rimant avec des crimes à caractère rituels.

Dans un souci d’éveil des consciences et d’interpellation des pouvoirs publics, l’hebdomadaire Gabon Matin a cru bon d’en faire sa Une du lundi, en titrant « L’alerte ». Chose qui n’a pas été du goût du ministre de la Communication, qui a accusé le média public de nourrir la psychose. Dès lors, où donc placer le curseur ? Qui de Gabon Matin ou du ministre de la Communication nourrit la psychose en parlant des enlèvements supposés d’enfants pour le premier, et en les taisant, comme le souhaite le second ? 

A l’évidence, si le silence est d’or, il peut être contreproductif sur certaines situations sociétales. Et notamment pour des sujets aussi graves que des enlèvements d’enfants. Le gouvernement gagnerait à rassurer par des sorties explicatives sur ce qui est, et ce qui serait de l’ordre de l’invention, voire de la manipulation des masses.

En janvier 2020 déjà, les pouvoirs publics, quoique avec du retard, avaient parlé au travers du procureur de la République, en dénonçant une psychose « savamment entretenue », et en relevant qu’aucune plainte de parents, hormis celle du jeune Rinaldi, n’avait été enregistrée auprès des services compétents. Une sortie qui avait conforté les esprits avertis. 

Ne faut-il pas, dans le cas d’espèce, recourir aux mêmes méthodes d’explication pour le gouvernement, plutôt que menacer un média pour avoir évoqué un sujet brûlant? La disparition avérée du jeune Jérémy Kakouo, retrouvé mort et mutilé à la plage de la Sablière le 18 avril dernier, ne suffit-elle pas au gouvernement pour sortir de sa torpeur ? Pourquoi attendre qu’un sujet aussi grave tienne sur plusieurs semaines avant de s’en saisir ?

En définitive, et pour réduire ce genre d’incident, la presse, comme les pouvoirs publics, se doivent de faire de la pédagogie, en expliquant aux parents d’enfants présumés perdus de se tourner d’abord et avant tout vers la police, avant, ou en plus de la masse confuse des réseaux sociaux. Ceci, en plus de renforcer la sécurité publique pour le gouvernement.

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