Pétrole : la qualité du climat des affaires en cause dans l’acquisition des blocs pétroliers mis en option par le Gabon?

LE COFFRET

En dépit des nombreux road shows à grands frais organisés entre l’Afrique du Sud, les États-Unis, l’Angleterre ou encore le Canada, le Gabon peine depuis quelques années à assurer la vente des blocs pétroliers mis aux enchères dans le cadre de son 12ème appel d’offres. Peu intéressés, les investisseurs semblent être freinés à la fois par un climat des affaires dont la qualité vient d’être mise en cause par la Banque mondiale dans son mémorandum sur l’économie gabonaise et par un nouveau code pétrolier conçu semble-t-il, pour les opérateurs déjà présents sur ce marché. 

« Sur les 75 blocs mis en option lors du 12e appel d’offres, 2/3  n’ont pas suscité beaucoup d’engouement. Cependant, 1/3 fait l’objet de beaucoup d’intéressement aujourd’hui. Nombre d’opérateurs viennent nous solliciter sur les 18 blocs restants ». C’est ce qu’a confié le ministre du Pétrole, Vincent de Paul Massassa le 19 décembre dernier, au terme de sa rencontre à Libreville avec des représentants de Yug-Neftegaz Private Limited, société Singapourienne spécialisée dans la fourniture de services dans le secteur pétrolier et gazier sur les marchés internationaux. 

Soulignant le manque d’attrait de ces blocs pétroliers, cette « absence d’intérêt des investisseurs » pour les 75 blocs pétroliers mis en option par le Gabon lors du 12e appel d’offres, semble étroitement liée à la qualité du climat des affaires. Il faut dire que malgré un nouveau code pétrolier censé être plus attractif « sur le papier », rien ou presque n’a été fait pour promouvoir la diversification du commerce et la qualité du climat des affaires du pays, comme vient d’ailleurs de le démontrer la Banque mondiale dans son mémorandum publié le 9 décembre dernier. 

Mettant en avant « la dépendance vis-à-vis du pétrole (qui) a entravé le développement d’autres secteurs économiques. Alors même que le secteur public emploie plus de 50 % de la population active formelle », l’institution internationale a révélé un certain nombre de tares qui conduisent aujourd’hui à ce que « seulement 1/3 des blocs pétroliers mis aux enchères font l’objet d’intéressement de la part des sociétés internationales ». 

Entre incapacité à renforcer l’environnement des affaires, notamment en « réformant la législation sur l’investissement et en rationalisant les incitations à l’investissement, notamment celles applicables dans les zones économiques spéciales (…) », l’exécutif gabonais malgré des moyens colossaux renforcés par un conflit Russo-Ukrainien qui a largement favorisé l’explosion des cours des produits de base, renforçant ainsi la manne issue de la production et l’exportation des produits pétroliers, peine donc à assainir son environnement des affaires. 

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