Owendo Bypass : les populations disent non à un délogement forcé 

LE COFFRET

Le projet de construction de la route à péage baptisée « Owendo Bypass », longue d’environ 17 kilomètres et devant relier la Zone économique de Nkok au port d’Owendo, ne s’annonce pas au mieux pour les populations impactées. C’est du moins, ce que l’on peut retenir de la sortie, vendredi dernier, des populations des quartiers Carrière-Rail et même de la Sni. Lesquelles déplorent un délogement « hâtif », sans véritable communication du gouvernement, et surtout, sans accompagnement clair.

Dans les faits, les populations disent ne pas être contre ce projet structurant, parce que porteur de développement. Elles déplorent cependant l’attitude cavalière de ceux qui le conduisent. Surtout au regard de leur expulsion imminente, à en croire les tracts collés dans leurs quartiers ces derniers jours. Une incompréhension, disent-elles, alors qu’elles n’ont eu à ce jour qu’une rencontre, le 10 août dernier, avec le maire d’Owendo, Jeanne Mbagou, et le  gouverneur de l’Estuaire, Marie Françoise Dikoumba, qui leur ont expliqué le projet. 

L’unique affiche de réunion publique postée par les promoteurs du projet.

« (…) Ce que nous souhaitons, c’est que le gouvernement vienne nous rencontrer, que nous réfléchissions ensemble sur les moyens de faisabilité de ce projet qui nous impacte gravement, et si nous avons des propositions à faire au gouvernement, nous les ferons. Parce que l’impression qui se dégage, c’est que l’on veut nous imposer les choses sans aucun ménagement. Dans ce cas, les populations d’Akournam, du PK15 et de la SNI diront non à ce projet« , a indiqué un riverain.

Que reprochent les populations de Carrière-Rail à ce projet structurant ? Finalement, l’absence de communication de la part du gouvernement et des promoteurs du projet, qui semblent ne pas avoir fait la part belle aux discussions publiques nécessaires en pareille occasion. Toute chose qui aurait probablement dissipé les doutes de populations qui ne demandent qu’à écouter. « Personne n’est contre le développement. Mais c’est la manière de faire qui nous oppose à ce projet. N’oublions pas que lorsque nous sommes arrivés ici, nous y avons investi de notre temps, notre énergie et notre argent. Certains y ont passé plus de 40 ans. C’est beaucoup de sacrifices que l’on ne peut pas effacer d’un revers de la main. Il faut du dialogue et un échange franc« , assure un autre riverain présent à la rencontre du week-end écoulé. 

Le communiqué du 24 octobre 2022 annonçant le début des enquêtes parcellaires et inventaires.

Certains fustigent le fait que ce projet était prévu pour passer par un autre itinéraire : celui menant vers Igoumié. Ils ne comprennent pas ce qui a motivé le changement soudain de direction. 

« Cette route était prévue pour Igoumié. Nous sommes surpris que le 10 août, la mairesse Jeanne Mbagou et le gouverneur madame Marie Françoise Dikoumba, viennent nous annoncer que l’itinéraire a changé. Pourquoi ce changement ?« , déclare le délégué du collectif des habitants de Carrière-Rail. 

Et un autre d’appeler à l’intervention du chef de l’État Ali Bongo Ondimba, « en père de la Nation qu’il est« , face à leur situation. Ce riverain a d’ailleurs rappelé que la localisation de leurs habitations sur le passage d' »Owendo Bypass » n’est nullement le fruit d’une irresponsabilité foncière. Au contraire, certains de leurs titres d’implantation datent des années 1940. Soit avant même l’arrivée de la Setrag. Ils méritent ainsi plus de considération, a-t-il laissé entendre.  Vivement que leurs appels soient entendus, pour une réalisation apaisée de cette infrastructure routière. 

Pour rappel, le projet d’Owendo Bypass intègre deux tronçons. Le premier, d’un linéaire d’environ 12,5 km, reliera la zone du PK15 à Owendo dans un périmètre situé autour du carrefour SNI, et un second tronçon d’un linéaire d’environ 5 km  reliant cette nouvelle voie à la Zone Économique de Nkok.

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