Recrudescence des séismes au Gabon : où sont les spécialistes ?

LE COFFRET

Après la secousse sismique ressentie dans plusieurs provinces du Gabon dimanche dernier, la troisième en moins de deux ans, deux enseignants-chercheurs ont alerté les pouvoirs publics sur la nécessité de former des spécialistes en la matière, pour une meilleure prévention de ces phénomènes potentiellement catastrophiques.

À la suite des récents séismes qui ont eu lieu au Gabon, deux enseignants-chercheurs du département des sciences de la Vie et de la Terre de l’École normale supérieure (ENS) ont organisé ce mercredi une conférence sur le thème : « Secousses sismiques, Éboulements et Valorisation des Formations Géologiques supergènes au Gabon« . L’objectif : alerter les pouvoirs publics sur ces phénomènes qui pourraient s’intensifier dans notre pays, si l’on n’y prend garde.  

« Les séismes survenus jusque-là au Gabon ont été plutôt de faible intensité. Toutefois, le risque d’avoir de fortes secousses -dans l’intervalle de magnitude compris entre 6,9 et 9,0- n’est pas à exclure. Et dans le cas de ces secousses dites exceptionnelles, l’on peut craindre des destructions d’infrastructures allant jusqu’à 180 km de l’épicentre (…) », a alerté le Dr. Jean-Eudes Boulingui, enseignant-chercheur. Spécialiste en Géomatériaux, ce dernier a expliqué que les causes probables de ce phénomène sont liées au mouvement des sols. 

Et les conférenciers d’émettre plusieurs recommandations à l’endroit des autorités gabonaises, afin de mieux encadrer ces manifestations géologiques. Parmi celles-ci,  la formation des spécialistes dans le domaine de la géophysique appliquée à la sismique : les sismologues dans l’étude des tremblements de terre, et des docteurs spécialistes des questions liées aux déformations de l’écorce terrestre et ou de la lithosphère mantellique et terrestre.

Ils ont également suggéré la création de deux laboratoires, dont le premier aura pour missions l’étude sismique, la simulation, la formulation et le contrôle du territoire national sur la prévention des séismes probables. Le second laboratoire pourrait être dédié à la formulation des biens des services issus des matériaux et minéraux des formations supergènes, susceptibles d’aider le gouvernement dans sa prise de décisions sur les grands travaux.

Autre recommandation, la création d’un centre pour former des techniciens spécifiques, à savoir, des prospecteurs géologues, des géophysiciens dans l’applicabilité de la sismique, la recherche des eaux souterraines dans les zones enclavées, etc. 

Des recommandations qui sonnent comme un désaveu à l’encontre de l’Agence Gabonaise d’Etudes et d’Observations Spatiales (AGEOS), entité qui gère pour l’heure ces questions au Gabon, en plus de la lutte contre le réchauffement climatique qui est son principal cheval de bataille.

Notre pays a connu plusieurs séismes, bien que de faibles intensités. Le premier a été enregistré le 23 septembre 1974 à 15 kilomètres de Malinga (magnitude 6,2). Puis un autre, le 19 décembre 2019 (magnitude de 5,5), avait secoué Libreville et sa banlieue. Le 6 mars 2021, une secousse de magnitude 4,9 a été enregistrée à 45 kilomètres de Lambaréné, et une autre le 9 mars 2021 à 33 kilomètres de Fougamou (5,4 de magnitude). Le dernier séisme a eu lieu ce 4 décembre 2022, entre le département du Komo-Mondah (50 km de Libreville) et Lambaréné, pour une magnitude de 5,5. 

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