mardi, mai 21, 2024
More

    Transition au Gabon : Oligui Nguema déclare la guerre à la grève 

    les plus consultés

    Lors d’un déplacement présidentiel dans la province de l’Ogooué Lolo cette semaine, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition, a récemment marqué les esprits par une déclaration inattendue et controversée. « Je suis allergique à la grève », a-t-il affirmé sans ambages, exprimant son rejet de l’article 15 du Code du travail gabonais qui consacre le droit de grève en République gabonaise. 

    L’article 15 du Code du travail stipule clairement que « L’État garantit la liberté et l’exercice du droit syndical, de même qu’il reconnaît le droit de grève« . Or, en exprimant son aversion pour cet article, Oligui Nguema semble remettre en question une pierre angulaire des droits des travailleurs au Gabon. Cette prise de position évoque une forme de déni de droit syndical, signalant un possible recul des libertés publiques que le président avait pourtant juré de défendre.

    Une promesse de transformations démocratiques mise à mal

    Aux lendemains de son accession au pouvoir, Oligui Nguema affichait des intentions louables, promettant de faire du Gabon une “référence de droits humains et de prospérité partagée”. Il avait assuré que “la protection des biens et des personnes restera une des préoccupations majeures » de sa gouvernance. Cependant, son discours sur la grève et sa volonté d’encaserner d’autorité les futurs élèves de l’École nationale d’administration (ENA) révèlent une dérive vers l’autoritarisme qui contraste fortement avec ses engagements initiaux.

    La tentation autoritaire

    L’imposition de mesures autoritaires, telle que la transformation des futurs fonctionnaires en recrues paramilitaires, suscite des inquiétudes légitimes quant à la direction que prend le Gabon. Les dérives autoritaires rappellent des périodes sombres de l’histoire politique du pays, où le pouvoir s’exerçait par la force et l’intimidation, à l’image du régime récemment renversé. Cette attitude sape les fondements d’un État de droit où, en principe, aucune figure politique n’est au-dessus des lois.

    La voie de la probité ou de l’autoritarisme ?

    Pour moraliser la vie publique et instaurer une culture de probité professionnelle parmi les agents publics, les actions de leadership doivent être exemplaires. Cela signifie renoncer aux pratiques népotiques, promouvoir une redistribution équitable des richesses et s’engager en faveur de conditions de travail décentes pour tous. Gouverner par la menace ou imposer une discipline militaire ne saurait apporter les reformes économiques et sociales attendues. Au contraire, ces mesures risquent de raviver l’hostilité et le mécontentement parmi les travailleurs et la société civile.

    Une régression inquiétante vers l’autoritarisme

    La déclaration de Brice Clotaire Oligui Nguema sur son allergie à la grève est perçue comme une atteinte à la démocratie syndicale et une menace pour les libertés fondamentales. Le rejet public de droits consacrés par la loi choque et sème le doute sur l’engagement véritable du président de la transition à respecter les droits humains. 

    La République doit rester un état de droit

    Il est impératif de rappeler que la République ne peut être gérée comme une caserne militaire. Les gouvernés, tout comme les gouvernants, doivent respecter les lois qui encadrent les libertés et les droits de chacun. Le défi pour le général Oligui Nguema est de concilier sa vision de la transformation du Gabon avec le respect des principes démocratiques et des droits des travailleurs. La réussite de cette transition repose sur la capacité à éviter les pièges de l’autoritarisme et à promouvoir une gouvernance inclusive et respectueuse des droits fondamentaux. Seule voie vers la félicité. 

    Dans la même catégorie

    Laisser un commentaire

    0 Commentaires
    Commentaires en ligne
    Afficher tous les commentaires

    Derniers articles

    0
    Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x