Dans sa parution du 9 septembre dernier, le « Réseau panafricain de recherche par sondage » dénommé Afrobarometer a dressé un sombre tableau du rapport des populations gabonaises à leurs responsables locaux (municipaux et départementaux).
Il ressort de ce sondage que plus des trois quarts (77%) de Gabonais désapprouvent la performance de leurs élus locaux. Pis, plus de la moitié (51%) d’entre eux estiment que ces élus locaux sont impliqués dans des affaires de corruption. Une proportion similaire de compatriotes pensent que les conseillers municipaux ou départementaux ne font « jamais » de leur mieux pour écouter les gens ordinaires.
Conséquence : les Gabonais (57%) préfèrent ne pas amener leur conseiller municipal ou départemental à écouter leurs doléances sur un sujet important de leur communauté.
C’est dire la distance que les populations gardent d’avec ceux supposés les représenter, défendre leurs intérêts, et gérer la chose publique.
Le rapport ne s’arrête pas là. Afrobarometer révèle qu’une large majorité (77%) de Gabonais pensent qu’il n’est pas probable que la mairie, le conseil départemental ou l’autorité anti-corruption réagisse à la suite de la dénonciation d’un acte de corruption. Une statistique qui semble donner raison au dernier indice de perception de la corruption (IPC) de l’ONG Transparency International, qui classait le Gabon comme un pays où la corruption reste endémique, avec une 124e place mondiale sur 180 économies, pour un score de 31/100.
À l’évidence, ce rapport regorge d’un grand nombre de données dont les responsables municipaux et départementaux gagneraient à s’imprégner, pour améliorer leurs rapports aux populations qui les élisent à ces postes de responsabilité.
Il n’y a rien de plus vrai. Et c’est dommage.