Accident Oyem/Mitzic : le gouvernement interpellé sur l’amélioration du réseau routier et la faible présence physique de bureaux de banque à l’intérieur du pays

LE COFFRET

Effroyable ! Ce lundi 25 juillet 2022, les routes gabonaises ont une nouvelle fois été le théâtre d’un accident mortel. Impliquant notamment un bus de type Coaster de la société Major et une Toyota de type Pic-nic, cet énième accident survenu quelques heures avant celui de Libreville, a mis le doigt sur deux problématiques majeures. La première bien sûr relative à la faiblesse et la défaillance du réseau routier (étroitesse de la route entre autres), et la seconde relative à l’absence de bureaux de banque physique dans certaines localités de l’intérieur du pays. 

Alors qu’il se targuait dans sa lettre d’intention envoyée aux administrateurs du Fonds monétaire international en août 2021, d’avoir « contourné l’obstacle lié à la faible présence physique de bureaux de banque dans certaines localités, grâce au développement du mobile money », le gouvernement vient une nouvelle fois d’être rappelé à l’ordre par la réalité. Au terme d’une nouvelle journée meurtrière, les routes gabonaises ont une nouvelle fois ôté la vie à au moins cinq (5) personnes dont certains, selon les premiers éléments de l’enquête, se rendaient à Oyem dans le but de mettre la main sur leur rémunération.

En effet, victimes d’une collision mortelle, nombre de ces compatriotes, agents de l’Etat, ne disposant pas de bureaux de banque physiques dans la ville de Mitzic, chef-lieu du département de l’Okano, ont dû se résoudre à rallier leur capitale provinciale. Une obligation financière qui aura donc coûté la vie à certains d’entre eux en ce lundi 25 juillet 2022. Révélateur du mauvais état d’un réseau routier qui ne semble que peu émouvoir un exécutif peu enclin à « allouer des ressources suffisantes en faveur des infrastructures » comme le soulignait d’ailleurs le rapport des Nations Unies sur l’impact de la covid-19 au Gabon, cet énième accident de la route a mis le doigt sur l’incapacité du gouvernement à favoriser l’inclusion financière. 

Traduisant « la possibilité pour les individus et les entreprises d’accéder à moindre coût à toute une gamme de produits et de services financiers utiles et adaptés à leurs besoins (transactions, paiements, épargne, crédit et assurance) proposés par des prestataires fiables et responsables » et ce, où qu’ils soient dans le pays, cette inclusion financière semble pour l’heure loin d’être une réalité. Ainsi, pour peu que l’on ne soit pas dans une des rares villes de l’intérieur du pays, desservie par l’une des institutions bancaires ou financières que compte le pays, il reste au Gabon, en 2022, difficile d’avoir accès à ses propres fonds.

Endeuillant les familles. Accentuant l’insécurité. Favorisant la thésaurisation. Défavorisant la diversification de notre tissu économique du fait d’une relative méconnaissance d’un certain type d’opérateurs, des réalités de l’arrière pays, cette absence de présence physique de guichets et autres bureaux de banques, qui par ailleurs limite en un sens le développement de l’arrière pays, renforce l’exode rurale tout en freinant le développement de certains secteurs d’activité, interpelle. Toute chose qui, en plus d’accentuer l’insécurité routière, devrait à terme mettre à mal les différents plans de relance et de développement.

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