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    Education / recrutements de vacataires : une « fuite en avant  » du gouvernement

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    La décision du ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique, du Transfert de Technologies et de l’Education Nationale chargé de la Formation Civique de recruter des centaines de vacataires continue d’alimenter les débats, avec de nombreux observateurs qui y voient une faillite de la politique de formation des enseignants dans les écoles spécialisées.

    Ce jeudi 10 février, le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique, du Transfert de Technologies et de l’Education Nationale chargé de la Formation Civique a annoncé le recrutement direct de 704 enseignants dans l’enseignement secondaire. La note, largement partagée dans les plateformes numériques, est loin d’avoir suscité l’assentiment espéré. Si certains y voient une opportunité de travail, d’autres, plus nombreux, voient la démarche du ministre Patrick Mouguiama-Daouda comme une « fuite en avant ». Sinon, la résultante d’une mauvaise politique de formation des éducateurs.

    Ces derniers rappellent dans un premier temps qu’il y a au moins deux promotions d’enseignants sortis de l’Ecole normale supérieure (ENS) qui sont toujours sans affectations et/ou sans salaires, et qu’il faut d’abord les régulariser avant de penser à des recrutements directs. « C’est le monde à l’envers ! », a ainsi pesté Yves Adzui, un des majors de la dernière promotion de l’ENS, toujours sans affectation.

    Secrétaire général du Syndicat de l’éducation nationale (Sena), Fridolin Mvé Messa est également de ceux qui fustigent cette manière de faire de la tutelle. C’est ce qu’il a confié ce vendredi 11 février 2022 à l’équipe d’Inside News241. « A travers ces recrutements, le gouvernement fait dans de la fuite en avant. L’État se retrouve aujourd’hui à court d’enseignants parce qu’il n’a pas su pratiquer une politique cohérente de formation des enseignants », a-t-il estimé. Fridolin Mvé Messa rappelle à ce propos qu’à l’Education nationale, ce sont près de 500 enseignants qui vont à la retraite chaque année, et une trentaine d’autres qui meurent en moyenne. Toute chose qui aurait dû amener le ministère à prévoir, plutôt qu’à opter pour « des solutions ponctuelles ».

    Pour le leader syndical, « la solution palliative adéquate » serait que l’Etat lance un recrutement d’enseignants qu’il fait passer par l’ENS. « Quitte à faire des formations accélérées, comme on a déjà eu à le faire par le passé. Car un vacataire n’est pas un enseignant. Il ne connait rien de la pédagogie, de la psychologie de l’enfant, etc », a-t-il expliqué.

    Pour d’autres observateurs enfin, la décision du ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique, du Transfert de Technologies et de l’Education Nationale chargé de la Formation Civique n’a qu’une visée : contourner les grèves généralement menées par les enseignants fonctionnaires.

    Quoi qu’il en soit, et quand bien même l’initiative de Patrick Mouguiama-Daouda permettrait de résorber un temps soit peu le déficit d’enseignants, il se pose la question de comment payer régulièrement ces futurs vacataires. La question vaut son pesant d’or, au regard des difficultés de la tutelle à contenter ceux qui sont déjà là.

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