samedi, juin 22, 2024
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    Gabon : Ali Bongo se livre comme jamais sur les circonstances de son AVC d’octobre 2018 

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    Alors qu’il célébrait ce dimanche 1er avril 2023 au Palais des sports de Libreville le 55e anniversaire en différée de sa formation politique, le Parti démocratique gabonais (PDG), le chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, a pour la première fois évoqué publiquement l’épisode de l’accident vasculaire cérébral dont il a été victime en octobre 2018 à Ryad.

    Rien ne présageait de telles confidences. En tout cas, cela ne figurait pas au programme. Après son allocution de circonstance, le président aurait observé quelques minutes de silence, posé sur le pupitre ses lunettes et balayé du regard, la foule nombreuse mobilisée autour de lui. 

    Après quoi il aurait indiqué, comme par devoir moral : « Je le dois aux militants du PDG et aux Gabonais. Ils doivent savoir la vérité », à la suite de quoi il s’est ouvert et a raconté les circonstances de son accident. 

    « Je le dois aux militants du PDG et aux Gabonais. Ils doivent savoir la vérité. Je me retrouvais seul à table parce que les autres étaient descendus et là j’ai été victime d’un accident. Dès qu’il est arrivé, je ne me souviens plus de rien jusqu’à mon dernier jour en Arabie Saoudite et c’est la vérité. Je me souviens seulement du dernier jour où je suis allé un peu me promener dans l’hôpital pour me détendre et après nous sommes partis pour le Maroc. Le roi (Mohammed VI) a tout fait pour moi », a expliqué le chef de l’Etat.

    « Petit à petit, le français est revenu et a re-dépassé l’anglais jusqu’au moment où je suis rentré définitivement. J’ai encore quelques souvenirs comme le premier message à Noël que je vous ai fait, qui n’avait que quelques lignes », a-t-il déclaré, disant surtout avoir gardé en mémoire l’accueil des Gabonais à son retour du Maroc. 

    « C’était extraordinaire, il y avait un monde fou ! Ça m’a fait un bien fou. Vous ne pouvez pas vous rendre compte du bien que ça a pu faire. Enfin je rentrais, les Gabonais qui m’attendaient. (…) Avec un peuple comme celui-là, on se sent fort. Il n’y a pas de raison de douter », a-t-il raconté, ému jusqu’aux larmes.

    Il a tout de même réalisé que s’il était toujours en vie c’était bien de la volonté de Dieu qui aurait voulu lui donner une leçon. « La maladie que j’ai eue, vous savez je suis chanceux, il y a à peine 10 % des gens qui revivent après cela et aucun chef d’Etat ne figure parmi eux », a-t-il précisé.

    Pour Ali Bongo Ondimba, c’est un signe : le Divin veut qu’il survive pour rester au contact des populations et faire ce qu’il peut. « Parce que j’aurais pu très bien dire : bon c’est terminé, je m’en vais récupérer en douce. Mais, non ! non ! Ce n’était pas possible, pas comme ça. Dieu a voulu que nous restions et que nous restions ensemble et que je continue à porter la voix du Gabon partout, partout », a-t-il martelé. 

    Cette volonté affichée par le président de la République de poursuivre son œuvre n’est pas partagée par une frange de la population. En effet, la société civile et une partie de l’opposition continuent de douter de la capacité du « candidat naturel » du PDG à diriger et, par ricochet, de battre campagne. 

    Seul le lancement officiel de la campagne électorale mettra fin à ce débat qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Wait and see.

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