Gabon : après l’euphorie du CEP, où loger tous ces collégiens ?

LE COFFRET

Entre les effectifs pléthoriques dans les lycées et collèges, et le déficit d’enseignants dans plusieurs de ces établissements, la tâche s’annonce difficile pour le ministère de l’Éducation nationale, pour ce qui est de la répartition des 40 mille nouveaux collégiens de 2022.

Au Gabon, les examens de fin d’années ont commencé à livrer leurs verdicts. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’un d’entre eux, le CEP, pourrait donner des sueurs froides au ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq. Car avec plus de 40 mille gagnants,  l’heure est venue de répartir ces élèves au sein des établissements secondaires où le déficit d’établissements, des salles de classe, comme du personnel enseignant, est devenu criant. 

Si le chiffre de 40 627 peut sembler important, il reste insignifiant quand les capacités d’accueil sont au rendez-vous. Ce n’est malheureusement pas le cas du Gabon où depuis une quinzaine d’années, les effectifs pléthoriques ont fait leur nid dans les écoles du pays, pour atteindre la barre des 5 mille classes déficitaires en 2022, selon les chiffres de l’Agence française de développement (AFD), partenaire du ministère gabonais de l’Education nationale.

Et la solution à cette problématique ne devrait pas intervenir de sitôt. Le dernier programme pour combler ce déficit est le Projet d’investissement dans le secteur de l’éducation (Pise), où AFD et gouvernement gabonais se sont assemblés pour la construction de 500 à 600  nouvelles salles de classes à Libreville et Port-gentil. Le projet est à mi-parcours (10 complexes scolaires livrés en 2021) mais reste, en définitive, en-deçà des 5 mille classes manquantes.

Ce ne sont pas non plus les départs liés au Baccalauréat qui combleront le gap. Car même au cas où tous les 23 mille candidats accédaient à l’université, le problème serait toujours cornélien. 

Le déficit d’enseignants n’est pas en reste, et notamment dans les matières scientifiques. Pour l’illustrer, regardons du côté du collège d’Owendo (ancien lycée de l’excellence) où en cette année 2022, les élèves sont passés en classe de 3ème sans jamais avoir fait Sciences physiques et Sciences de la vie et de la terre dans les classes antérieures ! Des cas comme celui-là sont légion dans le Grand Libreville, et encore plus dans l’arrière-pays. C’est dire qu’après l’euphorie liée aux résultats du CEP, place désormais au casse-tête des orientations pour la tutelle.

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