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    Gabon: comptes d’affectation spéciale, une gestion et des résultats plus que mitigés

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    Séparés du budget général de l’État, bien que leur création et les crédits qui leur sont affectés sont votés en loi de finances, les Comptes d’Affectation Spéciale (CAS) semblent de plus en plus constituer un gouffre à sous pour l’exécutif. Prévus par la loi organique n°31/2010 du 21 octobre 2010 relative aux lois de finance et à l’exécution du budget, celles-ci, à l’image du CAS Promotion du Sport, échappent à tous les radars, notamment en termes de réalisations et de concrétisations.

    Pensions de retraites, prestations familiales, promotion audiovisuelle et cinématographique, promotion du sport, formation pour l’emploi, entretien routier, promotion du logement décent ou encore service public de l’eau et de l’électricité, c’est un véritable éventail de Comptes d’Affectation Spéciale (CAS) que compte le budget gabonais. Séparés de celui-ci bien que leur création et les crédits qui leur sont affectés sont votés en loi de finances, ces CAS ont généré pas moins de 132,7 milliards de FCFA, pour des résultats plus que mitigés.

    En effet, alors qu’elles devraient être orientées vers le bien-être des populations, les dépenses liées à ces CAS semblent plus que jamais orientées vers des destinations inconnues. Et pour cause, en prenant le cas du compte promotion du logement décent par exemple, l’on se rend compte qu’en dépit des 7,8 milliards de FCFA qu’il a générés par le biais du Fonds National de l’habitat, rien ou presque n’a été fait en ce sens. Pour preuve, seulement 20% de ce montant a été affecté à ce compte comme le révèle le Rapport d’exécution budgétaire à fin décembre 2020, soit un écart de plus de 6 milliards de FCFA.

    En ce qui concerne le CAS promotion du sport en revanche, la situation est pour le moins ubuesque. 3,9 milliards de FCFA collectées sur les 4,045 milliards de FCFA prévus. Plus de 11,5 milliards de FCFA de dépenses exécutées, le tout sur une prévision de départ de seulement 4 milliards de FCFA. En d’autres termes, ayant généré moins que ce qui était prévu par la loi de finances, le CAS promotion du sport a bénéficié d’un décaissement trois fois supérieur à ce qui était prévu à fin décembre 2020. Des dépenses orientées à hauteur d’une grosse dizaine de milliards de FCFA vers les « biens et services ». 

    Loin du compte. Encore plus loin des besoins réels des populations qu’ils sont censés soulager, ces “CAS” interrogent à l’image de celui relatif à l’entretien routier qui bien qu’ayant généré près de 22 milliards de FCFA, n’a quasiment bénéficié que de la moitié en termes de dépenses (11,1 milliards de FCFA) dont 4,5 milliards de FCFA en termes de biens et services. Des interrogations sans suite jusqu’ici, pour une ligne budgétaire qui permet pourtant à l’Etat d’engranger plus de 100 milliards de nos francs chaque année. Alors nouvelle preuve d’une gestion opaque et scabreuse, ou simple absence de suivi des dépenses? 

    A vous d’en juger.

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