samedi, avril 13, 2024
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    Gabon : doté d’équipements de pointe, le Génie Militaire va t-il enfin se mettre au service du développement d’infrastructures?

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    Créé le 4 février 2002 et réorganisé en 2021, le Génie Militaire, pourtant chargé de planifier, réaliser ou faire réaliser des travaux d’infrastructures au profit des Forces de Défense, mais surtout de l’État et des collectivités locales, se fait étonnamment discret alors que le pays manque cruellement d’infrastructures. Disposant pourtant de nombreux permis d’exploitation de carrières, cette direction générale des forces armées, très bien équipée, semble se contenter d’un rôle de spectateur dans le développement poussif d’un pays où le kilomètre de route bitumé coûte entre 600 millions et 1 milliard de fcfa. 

    Unité d’élite en matière d’infrastructures comme en témoigne ses nombreuses prérogatives allant de la planification à la réalisation d’infrastructures, en passant par l’apport d’une expertise en matière d’infrastructure et de Travaux publics, le Génie Militaire se fait pourtant discret « sur le terrain ». Alors que le pays doit relever des défis majeurs de diversification économique, qui ne peuvent être actés qu’en comblant le déficit infrastructurel, cette unité pourtant censée renforcer le lien « Armée-Nation », est aux abonnées absentes. 

    En effet, bien que disposant de grandes unités opérationnelles avec le bataillon des Travaux du Génie Militaire et le bataillon du Génie Agricole pour ne citer que ceux-là, cette branche de l’armée reste insensible aux difficultés infrastructurelles du pays, se contentant de temps à autre d’intervenir pour régler partiellement les difficultés en matière d’insalubrité. Équipée d’engins de pointe, disposant du budget colossal de la défense qui affiche encore en 2023 près de 322 milliards de fcfa, le Génie Militaire reste pour l’heure en marge des difficultés routières du pays. 

    Volonté interne des dirigeants des forces de défense ou réelle incapacité à se déployer, toujours est-il qu’à ce jour, l’exécutif ne l’a que trop peu utilisé, préférant souscrire à des emprunts dont le profit va inéluctablement dans les caisses des majors qui en plus d’une méconnaissance de notre environnement, affichent des coûts excessifs. Dans un contexte où il entend s’appuyer sur l’expertise locale pour remettre le pays sur de bons rails, le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) pourrait et devrait s’appuyer sur cette unité infrastructurelle d’élite, non seulement pour réduire la facture mais également pour renforcer un peu plus l’unité et le lien « Armée-Nation » qui tend à se recréer. 

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