Gabon : Henri-Claude Oyima et la FEG réussiront-ils à acter la privatisation de la Cnss ?

LE COFFRET

Ferdinand DEMBA
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Passionné de lettres et désormais de chiffres, Ferdinand DEMBA est le directeur de publication d’Inside News241. Journaliste de métier et de convictions, lui et son équipe sont au service d’une information objective, d’utilité publique et au service de la vérité.

Soutenu par son prédécesseur Alain Ba Oumar, le projet de privatisation de la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale) vient une nouvelle fois d’être abordé par la nouvelle direction de la FEG (Fédération des Entreprises du Gabon, anciennement CPG). Par la voix de son président Henri-Claude Oyima, l’institution qui, on le rappelle, représente à travers ses membres, pas moins de 80% du PIB du pays, a réitéré sa volonté de faire passer la Caisse sous pavillon privé. Une initiative visant à remettre de l’ordre au sein d’une entité qui multiplie les déboires.

Déjà soutenue il y a plus de deux ans par le désormais ex-président de la désormais ex-CPG (Confédération patronale gabonaise), à l’occasion des vœux adressés au président de la République, Ali Bongo Ondimba, l’idée de réformer la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à travers une privatisation, a refait surface le lundi 10 octobre dernier lors de l’assemblée générale extraordinaire du patronat gabonais. Outre le changement de dénomination sociale  d’identité visuelle et de siège social adopté par les membres de l’institution, la question de la privatisation de la Caisse a donc été soulevée. 

En effet, consciente de l’enjeu et de l’importance de cette entité qui multiplie les déboires ces dernières années avec notamment des dérapages financiers incontrôlés, qui ont contraint l’Etat à mettre en place un plan de sauvetage d’urgence, les Patrons gabonais dont les entreprises du secteur privé sont les principaux pourvoyeurs de fonds de la CNSS, ont donc une nouvelle fois plaidé pour sa privatisation. Chose qui, au regard de la rigueur et de la célérité avec laquelle sont gérés des entités comme la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) ou le groupe bancaire BGFIBank, deux des principales entreprises du pays, pourrait apporter une dynamique nouvelle à cette institution à l’agonie. 

Déjà suggérée il y a quelques années par la Conférence internationale de prévoyance sociale (CIPRES), cette idée de privatiser la Caisse nationale de sécurité sociale, intervient dans un contexte où celle-ci doit faire face à des tensions diverses. Quand on sait que l’exécutif peine à structurer les entités dont il a la charge de manière pérenne et durable, la CNSS et même la CNAMGS (Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale), « gagneraient à évoluer vers une gouvernance de type véritablement privé » en se dotant de « conseils d’administration forts, contrôlés par le secteur privé », comme le soulignait déjà l’institution il y a deux ans.  

Misant notamment sur un modèle de gouvernance orienté vers une plus grande efficacité et une meilleure répartition des rôles, cette gouvernance privée aboutirait par exemple pour ces deux entités, « à la nomination de leurs directeurs généraux après appel à candidatures », toute chose qui limiterait considérablement les risques de malversations financières. Constituant un véritable axe de réflexion qui pourrait entretenir le débat d’une gestion plus orthodoxe des organes publics, cette idée pourrait enfin aboutir, sous la houlette d’Henri-Claude Oyima. 

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