lundi, avril 22, 2024
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    Gabon : les conditions d’élections aux lendemains apaisés compromises ?

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    Si jusqu’ici la tenue des élections couplées présidentielles, législatives et locales fixées pour le 26 août prochain par le gouvernement d’Ali Bongo Ondimba allaient bon train, le week-end écoulé la sérénité et la promesse des élections aux lendemains apaisés tant recherchés se sont envolées.

    Et pour cause, le gouvernement a entériné lors du Conseil des ministres qui s’est tenu le 12 juillet 2023 le  projet de loi modifiant et complétant certaines dispositions de l’article 77 de la loi n° 07/96 du 12 mars 1996 portant sur les dispositions communes à toutes les élections politiques.

    Avec l’adoption par le Sénat du texte, ladite loi qui a acté la suppression de l’enveloppe accolée, prétextant « adapter les conditions de déroulement du vote au nouveau contexte d’élections couplées ou générales » a plongé le pays dans un climat plus tendu qu’il ne l’était déjà. 

    La démarche qui a été jugée inacceptable une frange de la population et entraînant un recul de la démocratie,  a conduit les leaders de l’opposition à investir l’esplanade du Sénat pour dénoncer l’adoption d’une telle modification et les risques de basculement dans le chaos qu’elle pourrait engendrer. 

    «  Nous désapprouvons la manière dont les lois sont défaites en catimini. (…) Nous n’allons pas laisser faire et appelons le peuple à la mobilisation. Nous n’allons pas accepter ce comportement de voyou », s’est insurgé Alexandre Barro Chambrier devant le Sénat. 

    Il faut souligner que cette descente a elle seule des personnalités de l’opposition a été émaillée par une altercation verbale avec les forces de l’ordre, certains candidats ont même été bousculés par des gendarmes, notamment Mike Jocktane qui n’a d’ailleurs pas manqué de le dénoncer.

    Si depuis, tous les candidats à la présidentielle 2023 qui sont descendus dans la rue pour s’opposer à cette façon de faire du pouvoir en place ont engagé une série de recours légaux pour faire entendre raison au régime d’Ali Bongo, la suite avec les populations qu’ils mobilisent depuis par tous les moyens ne présage rien de bon. 

    Si toutefois les mobilisations se font encore dans le secret pour faire respecter le choix du peuple, certains acteurs de la société civile et politique ont dit être prêts à passer à la confrontation avec les autorités gabonaises si les voix de recours légales se soldaient par un échec, ce même au péril de leur vie.

    Ce qui est sûr c’est que depuis l’appel à la mobilisation lancé par les opposants, les populations de certains quartiers précaires du pays et des capitales politique et économique du pays en particulier se préparent activement. Ce d’autant plus que les morts de 2016 ne sont pas encore derrière eux, selon certains observateurs. 

    Le gouvernement gagnerait à choisir l’apaisement et la transparence électorale, afin que notre pays préserve ses acquis en matière de paix.

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