Gabon : les députés appellent à la création d’un Compte d’affectation spéciale dédié à l’entretien routier 

LE COFFRET

En marge de l’adoption quasi unanime du budget de l’Etat pour l’exercice 2023, les députés gabonais ont plaidé pour la création d’un compte d’affectation spéciale destiné à l’entretien des routes. Capable selon eux de financer les travaux de réhabilitation des voiries urbaines, ce compte qui viendrait en appui au Fonds autonome national d’entretien routier (Faner) créé en 2020, s’ajouterait ainsi à une inefficace redevance d’usure de la route (RUR), qui génère pourtant pas moins de 20 milliards de fcfa par ans, selon les dernières données de la DGBFIP (Direction générale du budget et des finances publiques). 

Sempiternel problème d’un État qui privilégie sans cesse l’achat de véhicules grand luxe et autres biens au détriment de problèmes prioritaires spécifiques, l’état du réseau routier gabonais ne semble pas préoccuper outre mesure, l’exécutif. En dépit d’une dégradation flagrante, le patrimoine routier national, qui compte pas moins de 10.000 km pour seulement 1.630 km entièrement bitumés, demeure un problème majeur pour un pays qui aspire pourtant à l’émergence a l’horizon 2025. 

En effet, malgré les moyens colossaux dont il dispose à l’image des 3 602,3 milliards de fcfa de budget adopté récemment par l’Assemblée nationale  contre 3 295,6 milliards de fcfa un an plus tôt, ou encore des 200 milliards de fcfa générés par la Redevance d’usure de la route (RUR) sur les dix dernières années (moyenne de 20 milliards de fcfa par an comme le démontre les dernières données disponibles de la Dgbfip), l’exécutif semble incapable de résoudre cette équation. 

Tentant de remettre de l’ordre dans ce capharnaüm infrastructurel, les députés viennent d’ailleurs de recommander le gouvernement à créer un compte d’affectation spéciale pour l’entretien des routes. Un compte qui, selon eux, permettrait de financer l’entretien des routes au Gabon. En appui au Fonds autonome national d’entretien routier (Faner) créé en 2020 avec pour mission d’administrer les ressources et d’exécuter les dépenses relatives à l’entretien du patrimoine routier national, ce CAS serait donc un complément à la RUR. 

Si l’idée n’a rien de farfelue quand on sait que le pays dispose d’un CAS pour la promotion du sport, dilapidé chaque année pour des évènements qui peinent à offrir au pays une vitrine positive, sa mise en oeuvre elle, semble bien plus problématique du fait d’une gouvernance et d’une gestion faite de dérapages budgétaires. « Prenant bonne note de ces recommandations », Édith Ekiri Mounombi Oyouomi, ministre du Budget et des Comptes publics, s’est montrée réceptive. 

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