mardi, juillet 16, 2024
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    Gabon : mauvaise gouvernance, gonflement de la dette, manipulations de données, les dessous chocs de la fusion SNLS/SNI

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    C’est ce qui ressort du rapport sur les opérations de la fusion absorption de la Société nationale du logement social (SNLS) par la Société nationale immobilière (SNI), transmis aux autorités de la transition par Joël Patient Mbiamany N’tchoreret. Parvenu à notre rédaction, ce rapport de 87 pages expose preuves à l’appui « les dérives dressées de cette fusion absorption et les actes douteux subséquents ». Parmi ces actes douteux l’on trouve notamment la réalisation d’un inventaire sommaire du patrimoine de la SNLS, la manipulation frauduleuse des données du Patrimoine de la SNLS, ou encore le gonflement artificiel de la dette de la SNLS qui est passée de 3 à 74 milliards de francs fcfa.

    C’est une véritable onde de choc qui vient de secouer le très controversé secteur de l’habitat et du logement. Dans un contexte où le pays traverse une crise sociale sans précédent avec des mouvements d’humeurs qui émergent ça et là, l’ancien directeur général de la Société nationale du logement social (SNLS), Joël Patient Mbiamany N’tchoreret, a mis un coup de pied dans la fourmilière de la fusion absorption d’avec la Société nationale immobilière (SNI) dirigée par Hermann Kamonomono. Mettant en cause ce dernier mais également Michel Menga, alors ministre de l’Habitat, dans cette opération aux allures de putsch, l’ancien DG de la SNLS a présenté sa vision des faits. 

    En effet, entérinée lors du Conseil des ministres du 16 novembre 2018, cette fusion-absorption devait selon Augustin Ndong Mba, alors PCA de la SNLS, « permettre à terme une meilleure efficacité dans la mise en œuvre de la politique de l’Etat en matière de logement social (…) tout en optimisant le processus qui devrait lui, permettre à nos concitoyens d’accéder quelque soit leur revenu à une propriété ». Hélas, ni la politique de l’Etat en matière de logement social, ni l’accès à la propriété des Gabonais, n’ont été mis en exergue par cette opération. 

    Émanant selon l’ancien DG de la SNLS, de la volonté de la SNI de se redonner de l’envergure étant entendu que « sa situation économique et financière était préoccupante, que son parc immobilier de location-vente arrivait à échéance en décembre 2019 et que pour le renouveler et accroître son offre, elle avait dû contracter auprès de BGFIBank, un emprunt de 100 milliards de FCFA au titre du projet de 3808 logements et un autre de 20 milliards de FCFA auprès de la BICIG et UGB », cette fusion était donc essentiellement du fait de lobbys, voulant faire main basse sur cette entité. 

    Entre « mauvaise gouvernance de ces ressources financières qui ont été dilapidées, plongeant la SNI dans une crise de trésorerie, et dans l’incapacité de payer les entreprises adjudicataires qui avaient arrêté les travaux », Herman Kamonomono a donc joué des coudes allant jusqu’à « payer 50 millions de FCFA pour la réalisation d’un inventaire sommaire du patrimoine de la SNLS, consistant à la manipulation frauduleuse des données du Patrimoine de la SNLS pour dresser un bilan comptable qui permettent l’absorption de la SNLS », comme on peut le lire dans le rapport. Une situation qui devrait interpeller le CTRI (Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions), en quête de probité. 

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