Gabon : «Nous avons révolutionné les programmes scolaires», dixit Ossouka Raponda 

LE COFFRET

Alors que de l’avis général et surtout de l’avis de certains inspecteurs pédagogiques, les programmes scolaires gabonais sont de moins en moins performants, conduisant à une lente déchéance de notre système éducatif, pour le Premier ministre Ossouka Raponda, c’est tout l’inverse. Interrogée par nos confrères de Jeune Afrique sur le fait que le Gabon soit un pays « bloqué », l’ancienne ministre du Budget a tout bonnement indiqué que l’équipe dirigeante actuelle a « révolutionné les programmes scolaires ». Une autosatisfaction qui interroge sur la lucidité de celle dont les gouvernements successifs ont accentué la fracture sociale.

Nommée à la tête du gouvernement en juillet 2020 après un passage au ministère de la Défense sous Julien Nkoghe Bekale, Rose Christiane Ossouka Raponda, ministre du Budget dans le gouvernement Ndong Sima (2012-2014), puis maire de Libreville, reste une énigme au sein de l’appareil exécutif. A la peine en matière de réalisations, mais aussi en matière de politique sociale, celle dont le bilan reste peu glorieux plus de deux ans après son arrivée à l’immeuble du 2 décembre, semble pourtant s’auto-congratuler de ses avancées. 

Interrogée par nos confrères de Jeune Afrique dans un entretien paru ce 8 novembre, Rose Christiane Ossouka Raponda a ainsi déclaré avoir « révolutionné les programmes scolaires pour donner toute sa place à la formation professionnelle ». Évoquant «  un vaste programme de construction et de réhabilitation d’établissements scolaires et d’internats »,  dont le financement est d’ailleurs essentiellement assuré par l’Agence Française de Développement (AFD), qui devrait également injecter encore plus de 100 milliards de fcfa dans ce programme, le Premier ministre a marqué sa satisfaction, alors même que subsiste depuis plusieurs semaines, une polémique sur la superficie du Gabon enseignée en milieu scolaire. 

Loin donc de cadrer avec la réalité, quand on sait que le système éducatif gabonais n’est que trop peu cité en exemple, que ce soit dans la sous-région ou sur le continent, ces affirmations de la cheffe d’un gouvernement qui peine à informatiser ce même système éducatif, comme le révélait le PNUD en 2020, qui évoquait entre autres « d’énormes contraintes de faisabilité avec l’absence de plates-formes d’apprentissage et de connectivité, déficit d’ordinateurs et de tablettes pour les apprenants et les enseignants », semblent donc complètement à côté de la plaque. 

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