jeudi, mai 30, 2024
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    Gabon : quelles retombées pour l’exploitation du gisement de fer de Belinga?

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    Alors que la deuxième phase du projet de développement du gisement de fer de Belinga dans la province de l’Ogooué-Ivindo, devrait bientôt démarrer, de nombreuses questions se posent. Outre celles liées à l’emploi dans un pays où le taux de chômage frôle les 30% dont plus de 40% chez les jeunes, de nombreuses questions se posent notamment concernant les risques environnementaux quant on sait que les résidus miniers peuvent selon les experts, entraîner des pollutions résiduelles que  ce soit dans l’eau, l’air ou les sols. Plusieurs questions que devront simultanément traiter le gouvernement et Fortescue Metals, entreprise qui a décroché le contrat d’exploitation. 

    Avec pas moins de 200 millions de dollars US d’investissements prévus d’ici fin 2024, le gisement de fer de Belinga devrait être au centre des attentions dans les prochains mois. Parti pour s’ajouter à la longue liste des métaux précieux exploités dans le pays et qui concourent à l’économie de rente, ce gisement pourrait selon le gouvernement à travers son ministre des Mines Hervé-Patrick, « permettre la la création de 300 emplois directs dans la première phase, tandis que la seconde phase offrira jusqu’à 5000 emplois directs, sans compter la sous-traitance ». Près de 5500 emplois directs et indirects donc, si l’on projette la sous-traitance à environ 200 emplois. 

    Cependant, de quels types d’emplois s’agira-t-il? La question reste pour l’heure entière, quand on sait qu’Olam qui se vantait pendant des années d’avoir favoriser la création de milliers d’emplois au Gabon, n’a en réalité créé massivement que des emplois précaires. En effet, en dehors des clous du code du travail, les multinationales profitent la plupart du temps des largesses de l’administration publique notamment de la direction générale du travail, toute chose qui laisse craindre une nouvelle flambée d’emplois précaires. Afin d’éviter une nouvelle montée au créneau d’employés mécontents, il serait fort aise pour le gouvernement de déjà mettre les garde-fous. 

    Autre préoccupation concernant l’exploitation de ce gisement, la réalité environnementale. Découvert en 1955, le gisement de fer de Belinga est présenté comme l’un des plus grands gisements d’hématite à haute teneur non développés au monde, pourrait causer de nombreux ravages compte tenu du fait que les résidus miniers peuvent générer des pollutions résiduelles dans l’eau, l’air et les sols et les puits et galeries creusés peuvent provoquer des effondrements et des remontées de nappe. Tête de gondole de la préservation de l’environnement en Afrique, le gouvernement gabonais devra donc jouer les équilibristes entre la volonté de développer cette nouvelle niche économique et celle de renforcer sa position en matière de lutte contre le réchauffement climatique. 

    Avec la volonté affichée de Perenco de développer son usine de Gaz naturel liquéfié (GNL), en plus de son potentiel pétrolier, mais également celle de la compagnie minière Reminac, filiale du groupe Genmin, dans l’exploitation du fer de Baniaka dans la province du Haut-Ogooué, ces questions d’emplois et d’environnement devront être traitées avec beaucoup de minutie de la part des nouvelles autorités. Car, faut-il le rappeler, la redistribution des richesses commence par l’attribution d’emplois de qualités aux populations et la matérialisation d’un environnement durable. 

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