Gabon / rupture des traitements antirétroviraux : le ministre de la Santé rassure sans convaincre

LE COFFRET

Alors que le pays fait face à une nouvelle rupture d’antirétroviraux (ARV) depuis février dernier, le ministre de la Santé, Dr Guy-Patrick Obiang Ndong, a reçu les représentants des personnes vivant avec le VIH (PVVIH)  ce mardi 5 avril 2022. S’il était question de les rassurer quant à la prochaine disponibilité des traitements, l’on a plutôt vu un ministre de la Santé se réfugier dans des formules politiques du registre de la langue de bois. 

Entamant la réunion, Dr. Guy-Patrick Obiang Ndong s’est d’abord dit « honoré » de discuter avec les PVVIH, avant de leur rappeler que leur prise en charge était « une préoccupation constante du gouvernement conformément à la politique sanitaire et sociale impulsée par Ali Bongo ». L’homme est ensuite rentré dans le vif du sujet en niant toute rupture d’antirétroviraux au Gabon, préférant parler d’« une rupture de certaines molécules ». Comme si le protocole de prise en charge du VIH et du Sida n’était pas un tout.

Le ministre de la Santé a poursuivi ses propos en refourgant la responsabilité de la mauvaise gestion des ARV aux Centres de traitement ambulatoires (CTA). Lesquels se caractériseraient, a-t-il dit, « par la destruction» des ARV arrivésen date de péremption. 

Pour finir, le membre du gouvernement a invité les organismes spécialisés à poursuivre le traitement avec le Bactrim 960mg, en l’absence des molécules manquantes,  tout en les rassurant que les stocks d’ARV seront approvisionnés « dans les tout prochains jours».

Tout un laïus qui n’est pas pour rassurer les malades. Surtout qu’avec les ruptures d’ARV qui s’enchaînent (une précédente avait déjà eu lieu en novembre 2021), ils courent le risque de développer  des résistances au traitement. Pis, cet approvisionnement en dents de scie les obligent à recourir à de coûteux bilans de survie et de charge virale, avant toute reprise de traitement.  Gouverner étant prévoir, vivement que le Gabon, qui consacre près de 2 milliards de FCFA annuels pour l’achat des ARV, brise définitivement ces cycles d’approvisionnement irréguliers.

Selon l’ONUSIDA, le Gabon comptait en fin 2019 quelques 51 000 personnes vivant avec le VIH/Sida, pour une prévalence nationale de 4,1%.  26 000 personnes seulement (51 %) ayant eu accès au traitement antirétroviral.

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