mardi, avril 23, 2024
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    Jean Aimé Mouketou : “est-on libre de critiquer un homme politique d’une ethnie autre que la nôtre au Gabon ?”

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    Est-ce que la citoyenneté gabonaise d’un individu, provenant d’une province différente du pays, lui retire le droit légitime de critiquer les actions ou les politiques d’un Homme politique appartenant à l’ethnie Fang sans être automatiquement étiqueté de tribaliste ?

    La liberté de critiquer les Hommes politiques devrait être une composante essentielle de tout système démocratique, garantissant ainsi la transparence, la responsabilité et la recherche d’une gouvernance meilleure et plus équilibrée. 

    Cependant, au Gabon, une certaine réticence semble exister quant à la critique des membres de l’ethnie Fang sous prétexte de ne pas être perçu comme tribaliste. Cette situation soulève des interrogations fondamentales sur la liberté d’expression et la possibilité pour tout citoyen gabonais, indépendamment de son origine régionale, de questionner les actions politiques d’une manière objective et constructive. Le fait de lier systématiquement la critique d’un membre de l’ethnie Fang à du tribalisme risque de restreindre la liberté d’expression et de nuire à la démocratie en empêchant un débat ouvert et constructif sur des enjeux politiques.

    Critique fondée sur des faits concrets 

    La distinction entre une critique fondée sur des faits et une critique motivée par des préjugés tribaux est nécessaire pour la santé d’une société démocratique. Une critique basée sur des faits concrets et des actions observables d’un politicien, telles que ses décisions politiques, ses politiques publiques ou ses comportements officiels, contribue à un débat politique sain et constructif. Cette forme de critique est essentielle pour évaluer objectivement la performance des dirigeants, identifier les faiblesses dans la gouvernance et proposer des améliorations pertinentes pour le bien de la nation. 

    En revanche, une critique motivée par des préjugés tribaux est souvent dénuée de substance factuelle et repose sur des stéréotypes, des généralisations ou des perceptions biaisées liées à l’ethnie. Ce type de critique ne contribue pas au progrès démocratique mais plutôt à la division sociale en créant des tensions ethniques inutiles et en obstruant le débat politique constructif.

    Critique libre 

    Encourager le débat politique et la critique constructive dans une société démocratique est essentiel pour maintenir une gouvernance responsable et transparente. Chaque citoyen gabonais doit se sentir libre de critiquer les politiciens ou les membres du gouvernement sans être jugé ou réduit à une catégorisation ethnique. Cette liberté de parole, lorsqu’elle est exercée de manière responsable, argumentée et fondée sur des faits concrets, enrichit le discours public et ouvre des voies pour des réformes positives. Elle favorise également la responsabilité des dirigeants en les rendant plus redevables envers la population. Réprimer cette liberté d’expression en limitant les critiques sous prétexte d’appartenance ethnique affaiblit la démocratie en privant la société gabonaise d’une diversité d’opinions et d’idées nécessaires à un progrès équilibré et équitable.

    Patriotiquement.

    Dr. Jean-Aimé Mouketou 

    Enseignant 

    Diaspora Gabonaise – Canada

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