Le Billet sarcastique : carte nationale d’identité, rendez-nous notre citoyenneté et notre dignité

LE COFFRET

Dans un billet quasi-quotidien, Serge Abslow analyse avec beaucoup de sarcasme les faits de société et les évènements qui chamboulent la vie du Gabonais dans son pays. Le billet du jour souligne l’aberration qui voudrait que l’on se procure plus facilement une carte de séjour, voire un passeport, qu’une carte nationale d’identité dans notre pays. Cette dernière n’ayant plus jamais été établie depuis une trentaine d’années pour certains et une quinzaine pour d’autres compatriotes. Lecture en dix points.

1. Si on raconte à des personnes étrangères à ce pays qu’on y vit toute la vie sans carte nationale d’identité, on nous prendrait sûrement pour des mythos. Mais on vit pourtant chez nous toute sa vie, sans jamais avoir une pièce d’identité en se contentant parfois d’un simple acte de naissance.

2. En effet, il est plus facile dans mon pays d’obtenir une carte de séjour plutôt qu’une CNI. Normal, me direz-vous, la carte de séjour est obligatoire pour tout étranger vivant au Gabon. Elle est donc payante et il suffit de débourser ce qu’elle coûte pour qu’elle vous soit établie.

3. Peu importe leur origine, les sujets étrangers originaires d’autres pays paient une fortune pour ce sésame. Des campagnes annuelles de renouvellement sont organisées par la DGDI, dans un cadre soft avec des bâtiments flambant neufs et des équipements de pointe. Puisqu’ils paient cher, ils ont droit au meilleur. Logique !

4. Mais les Gabonais de pure souche, eux, parce qu’ils ne paient rien, sont contraints à un vrai parcours du combattant pour obtenir ce qui leur revient de droit et qui relève d’une obligation légale, puisque le droit à l’état civil est un droit fondamental que tout état respectueux des lois doit garantir à ses citoyens.

5. Hélas, trimballés et maltraités dans des commissariats insalubres depuis tant de décennies, pour se faire établir ce document légal, la volonté des gabonais pour obtenir une CNI a fini par mourir. Comme face à toutes les arlésiennes en vigueur dans leur pays, ils se sont résignés à être des sans papiers chez eux.

6. Malgré que cela ne soit point de leur faute, cela n’exonère pas la police et la gendarmerie de les harceler au quotidien, par des contrôles intempestifs qui n’ont pour seule visée que de les prendre à défaut et faire valoir le très célèbre  « défaut de présentation d’identité » qui est le prétexte à une extorsion de fonds.

7. Ça ne peut plus continuer. Peut-être suis-je ignorant de la technologie qu’il faut déployer pour établir une CNI, mais que ceux qui ont réponse à tout, m’expliquent comment on peut produire si facilement les cartes de séjour, des permis de conduire, des passeports, des cartes bancaires, des cartes scolaires et professionnelles… et inversement peiner à établir des CNI ?

8. J’ai presque envie de pleurer de tristesse quand je réalise que du haut de mes 52 ans, je n’ai jamais possédé que le passeport comme unique document d’identité. Pourtant, j’ai un acte de naissance authentique complété par un certificat de nationalité délivré par le Tribunal, conformément à ce qu’exige la loi aux Gabonais nés d’un parent étranger. Ça n’a jamais suffi pour que j’en aie droit.

9. Je suis doublement triste et écoeuré de constater dans le même temps, que des étrangers arrivés récemment, possèdent déjà en plus de tous les autres documents officiels ci-dessus cités, leur CNI pendant que je trime depuis plus de 30 ans à m’en faire établir une! Des centaines de milliers de Gabonais vivent la même triste réalité. Cela est inacceptable et évidemment révoltant.

10. J’ai beau me creuser les méninges, je ne trouve aucune justification assez convaincante à cette aberration. A moins que cette situation unique au monde, ne soit volontairement entretenue pour servir une cause inavouée dont les objectifs consistent en une dilution pernicieuse de la gabonité dans une africanité vicieuse qui justifie l’accélération du grand remplacement des Gabonais qu’on observe.

Sarcastiquement vôtre !

Serge Abslow, chroniqueur

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