lundi, mars 4, 2024
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    Le Billet sarcastique : dialogue national, le discours de la méthode 

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    Dans un billet quasi-quotidien, Serge Abslow analyse avec beaucoup de sarcasme les faits de société et les évènements qui chamboulent la vie du Gabonais dans son pays. Le billet du jour analyse les contours de l’organisation du dialogue politique prévue avant les élections générales. Lecture en dix points.

    1. Que ceux qui s’excitent pour prendre part au dialogue ne s’avisent pas d’en faire une énième perte de temps. Les enjeux sont trop importants et l’occasion trop belle pour ne pas saisir cette ultime chance avant le chaos programmé. Car le pays est au bord de l’implosion par trop de misère, de détresse, qui bouillonnent à grandes flammes dans un chaudron dont le couvercle est prêt à sauter pour déverser dans les rues, les braises incandescentes d’une colère grandissante qui gagne les cœurs.

    2. Le dialogue qui arrive et qui a été acté après que les uns l’aient souhaité et les autres accepté, et dont les Gabonais, sans y croire plus qu’au père Noël, souhaitent qu’il soit pourtant inclusif et surtout souverain, ne doit pas être une répétition de 1990, de 1994 ou de 2018. Il ne doit absolument pas être le remake de ces trois dialogues de sourds dont les résolutions n’ont produit d’effets porteurs que pour ceux qui y ont pris part, au grand détriment du Gabon lui-même.

    3. Ses futurs participants, on les espère différents de ces sempiternels acteurs traditionnels qui courent à la soupe et qui sont responsables par leur cupidité, de tant d’actes manqués par leur pays. Tous ces politiciens de pacotille, opposition et majorité confondues, qui se sont relayés aux affaires depuis 54 ans et dont l’action collective a engendré l’échec colossal qui s’étale sous nos yeux sous la forme de ce Gabon qui s’émiette de toutes parts et dont la ruine est certaine.

    4. Parce qu’ils ont lamentablement échoué, ces politiciens du dimanche ! Pourquoi devraient-ils encore être légitimes pour traiter les causes de leur échec global partagé ? À mon humble avis, ils sont définitivement disqualifiés pour créer les conditions du sursaut patriotique qu’on espère pour créer le déclic pour enclencher enfin le développement tant attendu par nos compatriotes. Qu’ils passent donc la main à de nouveaux acteurs, porteurs de nouvelles énergies.

    5. Et parce que le Gabon a besoin d’un souffle nouveau pour se réinventer de nouveaux lendemains. En effet, pour que leur dialogue ne soit pas une nouvelle farce politique, (1) les sociétés civiles dans leur grande diversité, devront cette fois être d’un apport déterminant. Au premier rang desquelles, les confessions religieuses qui en prendraient le leadership, les Ong, les organisations syndicales, les mouvements de jeunesse… Les sociétés civiles doivent être les acteurs majeurs de ces assises. 

    6. Ensuite, les opérateurs économiques nationaux, représentés par le Patronat gabonais également convoqué dans sa pluralité, les investisseurs, les bailleurs de fonds et les partenaires au développement, devront eux aussi prendre une part active à ce dialogue pour qu’il s’émancipe définitivement de la seule coloration politique qu’on voudra à nouveau lui donner. Leur présence permettrait d’aborder les questions économiques sans lesquelles aucun développement n’est possible. 

    7. Sans leur contester leur rôle d’organisation et de régulation de la vie dans la cité, l’administration centrale, bras séculier du gouvernement et les organisations politiques traditionnelles qui le composent, doivent y prendre toute leur part. Les représentants des différents ministères, de tous les partis politiques, les bureaux des deux chambres du parlement, les bureaux des conseils locaux et les institutions constitutionnelles… compléteront le panel des parties prenantes à ce dialogue. 

    8. À côté de ces trois premiers groupes d’acteurs, la diaspora gabonaise venue d’Afrique, d’Europe, d’Asie et des Amériques, devra y jouer un rôle. Mais chacun de ces quatre premiers groupes de participants devrait être représenté à parité égale, afin que ce dialogue soit équilibré et représentatif de l’ensemble des forces vives de la nation. Et enfin les institutions internationales présentes au Gabon et les représentations diplomatiques y accréditées, doivent être associées en qualité d’observateurs. 

    9. Ce n’est qu’ainsi que les conclusions issues d’un tel dialogue inclusif, seraient plus facilement et plus légitimement mises en œuvre parce que reflétant un consensus minimal et la volonté du plus grand nombre. Cependant, l’application des résolutions de ce conclave incomberait alors au seul gouvernement. Et la seule garantie pour qu’il donne suite aux résolutions du dialogue serait alors d’être lui-même une émanation de ce même dialogue.

    10. En conséquence, logiquement, le premier acte issu du dialogue devrait être la constitution d’un gouvernement d’union nationale à maxima, ou de large consensus à minima. Un consensus arc-bouté sur la stricte application des résolutions du dialogue dont la préoccupation majeure doit être la préparation et l’organisation d’élections transparentes, la consolidation de l’Etat de droit et le renforcement de la démocratie. C’est la voie obligée pour la préservation de la paix sociale. 

    Sarcastiquement vôtre !

    Serge Abslow, chroniqueur 

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