Corruption et enrichissement illicite : une sensibilisation à géométrie variable

LE COFFRET

Depuis un moment, le Conseil national de la bonne gouvernance, le ministère de la Promotion de la bonne gouvernance, de la lutte contre la Corruption ainsi que la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLCEI), multiplient sans cesse des actions sur le terrain. Une opération visant à sensibiliser les hauts fonctionnaires sur l’ampleur et les méfaits du phénomène de corruption et d’enrichissement illicite.

Dans cette perspective, plusieurs campagnes de sensibilisation ont été organisées sur l’étendu du territoire national depuis l’année écoulée et se poursuivent depuis le début de cette année. La dernière en date a eu lieu le 23 janvier dernier, à la foire municipale Pierre-Louis Agondjo Okawé de Port-Gentil.

D’après des sources concordantes, le but de l’initiative est tout simplement de mettre un terme au phénomène qui fait perdre à l’État près de 1400 milliards de fcfa, soit environ 4% du PIB. Le phénomène gangrène les administrations publiques et la société gabonaise en général.

Cependant, fort est de constater que seul les petits hauts fonctionnaires, c’est-a-dire, les agents publics aux petits postes de responsabilité et les opérateurs économiques moins influents sont longuement sensibiliser ; alors que le sommet de l’État où se passe de gros détournements de fonds publics sont de moins en moins inquiété et toucher par la sensibilisation.

Pour la seule année 2022, les opérations Mamba et Scorpion lancée par le chef de l’État avaient pourtant clairement établie que c’était plutôt du côté des hauts fonctionnaires de la République qu’il était digne d’intensifier les campagnes et caravanes de sensibilisation et de lutte contre la corruption et l’enregistrement illicite. Mais pourtant, rien n’est fait avec insistance dans ce sens qui serait bien productif que partout ailleurs.

De toute évidence, s’il y a des faits que l’on puisse prédire sans avoir besoin d’être médium ou posséder des dons de miracles, c’est bien le fait que les résultats d’une telle campagne de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite sont presque déjà connus à l’avance : rien de significatif ne sera fait pour changer les choses. 

La campagne et la lutte accoucheront d’une souris. La seule chose que l’on puisse par contre être sûr qu’elle produira à 100%, c’est bien le fait que ces initiatives vont faire dépenser de l’argent du contribuable et servir de justification des budgets des entités chargées de mener une sorte de lutte de façade et dans le fond voué à l’échec.

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